Encourager la formation

Toujours dans le domaine de l’éducation, la Commission propose de réviser en profondeur (et de constamment mettre à jour) les différents programmes d’étude dans le domaine agricole à tous les niveaux. On privilégierait l’alternance travail-étude grâce à la création de fermes modèles; des cours d’économie, de gestion et d’agro-environnement seraient ajoutés au curriculum, de même qu’une sensibilisation aux dynamiques du marché, le tout sous la supervision de l’Institut de technologie en agroalimentaire (ITA), qui deviendrait une société d’État. L’ITA encouragerait les agriculteurs déjà diplômés au collégial à suivre une formation de mise à niveau quinquennale, qui serait payée en partie et qui permettrait de réduire les primes de certaines assurances agricoles.

Si tant l’éducation doit relever du gouvernement, alors ces mesures seront un excellent avancement pour l’agriculture. Comme les ordinateurs, les humains ont toujours besoin de se mettre à jour afin d’être à leur optimum. L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec l’exige de ses membres, l’Ordre des ingénieurs du Québec aussi et la Commission encourage les agronomes à faire de même, mesure que l’Ordre des agronomes du Québec a promptement adoptée. Les agriculteurs aussi doivent faire de même, considérant toutes les avancées dans leur domaine – nouveaux engrais, nouvelles semences, nouvelles techniques de culture, etc. De plus, la formation hors des bancs d’école peut être reconnue; l’école de la vie est tout aussi formatrice, quoique peut-être pas assez suffisante, d’où la suggestion d’en faire une base pour obtenir une formation formelle menant à l’obtention d’un diplôme. Considérant tous les avantages qui viennent avec la formation collégiale et la formation continue (sans oublier l’aide financière), plus d’excuse pour ne pas apprendre! Enfin, la réduction des primes d’assurance concorde avec les comportements de plusieurs assureurs, qui réduisent les primes des conducteurs prudents et des propriétaires de maison avertis.

Mettre fin aux abus

Une dernière mesure digne de mention vise à limiter l’aide du Programme d’assurance de stabilisation des revenus agricoles (ASRA) aux producteurs à 150 000 $ et un plafonnement de l’aide financière du programme de soutien à l’entreprise agricole (sauf celles sous gestion de l’offre) du même montant, bien qu’un montant supplémentaire pourrait être alloué si certaines caractéristiques comme les difficultés géophysiques de l’environnement ou la compensation pour perte afin de préserver un milieu fragile sont rencontrées.

Cette mesure permettra certainement de limiter l’extrême iniquité qui régnait dans les programmes d’aide agricole. En effet, l’ASRA se devait d’être une béquille, mais elle est plutôt devenue une prothèse pour plusieurs producteurs, qui ont reçu nettement plus que leurs cotisation pendant 10 ans (1996-2006). On doit parler de subvention plutôt que d’assurance quand on reçoit de l’argent à chaque année. Aussi ces subventions vont-elles disproportionnellement aux grandes entreprises; dans le bouvillon entre autres, 8 % des fermes s’accaparent presque 63 % des subventions. Un plafonnement de l’aide permettra donc de limiter ces abus.

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