C’est le 11 novembre, et comme c’est le cas à chaque année, on célèbre le Jour du Souvenir. Ce jour-ci en 1918, la guerre la plus sanglante et meurtrière à ce jour se terminait enfin en Europe. Afin de se souvenir de ces horreurs, on est incité à porter le coquelicot rouge afin d’honorer la mémoire de toutes ces personnes qui ont perdu la vie… inutilement. En fait, depuis que le Canada moderne existe, il n’y a absolument aucune guerre à laquelle l’armée a participé afin de réaliser son but premier, soit défendre les frontières d’envahisseurs étrangers.

La participation à la Première Guerre mondiale illustrait clairement cette inutilité de la guerre. Le Canada y a participé uniquement parce qu’il était encore sous la gouverne de Londres. Cette guerre n’était que l’aboutissement logique d’une course à l’armement qui avait duré 40 ans, mais aussi le résultat d’une « paix armée » entretenue avec une conscription dans la plupart des pays, surtout à partir de 1912. Finalement, c’était aussi le résultat d’une toile très complexe d’alliances qui a déclenché un effet domino – si tu attaques X, je t’attaque, mais Y m’attaque aussi, et ainsi de suite. Donc, malgré ce que dit le Traité de Versailles, l’Allemagne n’est pas la seule responsable pour le déclenchement de la guerre.

En fait, elle se serait terminé en match nul n’eût été de l’intervention des États-Unis, un pays supposément neutre. Il n’avait pas d’affaire à intervenir puisqu’aucune puissance ne lui avait déclaré la guerre ni ne l’avait attaqué. Aux personnes qui pensent au Lusitania comme raison pour rentrer en guerre, sachez que ce paquebot aurait transporté des armes et des munitions, ce qui violaient donc la promesse de neutralité.

On peut donc dire que l’intervention des États-Unis est un déclencheur de la Seconde Guerre mondiale, puisque leur alliance a permis de défaire, mais surtout d’humilier l’Allemagne – la France n’avait toujours pas digéré la perte de l’Alsace-Lorraine en 1871. Elle récupère ce bout de territoire et impose un très lourd tribu qui ruine complètement son voisin, ce qui facilite la montée de démagogues comme Adolf Hitler.

Évidemment, durant cette guerre, on ne peut passer sous silence l’animosité extrême qui alimentait trop d’anglophones (qui se considéraient Britanniques avant tout), qui lançaient sans gêne des accusations de traitrise envers des opposants à la guerre comme Henri Bourasssa. Ils voulaient tellement servir la mère-patrie qu’ils ont réussi à imposer la plus incidieuse forme d’esclavage: la conscription. Avec raison, plusieurs Québécois se sont objectés contre l’obligation de devenir de la chaire à canon, ce qui a causé des émeutes sauvagement réprimées.

En ce 11 novembre, ne portez pas le coquelicot rouge, symbole de l’impérialisme et d’une guerre à laquelle le Canada n’aurait jamais dû participer puisque son intégrité territoriale n’était pas menacée. Et ne soyez pas un mouton en saluant les vétérans de quelque guerre que ce soit, puisque leur sacrifice n’a absolument rien apporté de bien à nos vies. En fait, surtout aux États-Unis, la guerre a été l’occasion parfaite pour étendre l’influence du gouvernement central et de piétiner nos droits et libertés au nom d’un illusoire sentiment de sécurité.

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