En Amérique du Nord, la Fête du Travail a lieu le premier lundi de septembre (à ne pas confondre avec la Journée internationale des travailleurs, qui a lieu le 1er mai). Durant ce jour, nous sommes censés célébrer les réussites des travailleurs et des syndicats, particulièrement de leur conquête de la journée de huit heures de travail. Au Canada particulièrement, on commémore la grève des typographes de Toronto.

 

Je ne peux m’empêcher sur la raison profonde de cette « fête ». Pourquoi salue-t-on des organisations dont la contribution à la société est non seulement virtuellement nulle mais qui, au final, contribue à sa dégradation? Pourquoi saluer quelque chose qui, pour emprunter les mots de Churchill, se résume à « blood, sweat, toil and tears » (du sang, de la sueur, de la misère et des larmes)? Célébrer « le travail » est une célébration de la misère, tel que le montre Ayn Rand dans sa fable Anthem.

 

Ce qu’on doit célébrer n’est pas notre misère, mais ce qui aide à la soulager. Ce qu’on doit célébrer ne sont pas des organisations qui prétendent améliorer un illusoire bien commun auquel elles nuisent, mais plutôt des individus dont la contribution personnelle, faite avant tout pour leur propre compte, améliore la société toute entière. Ce qu’on doit célébrer n’est pas un système inventé de toute pièce qui ne peut pas fonctionner, mais plutôt un système qui est apparu spontanément et dont les mérites dépassent très largement ses failles. Ce qu’on doit célébrer, c’est… le capitalisme.

 

Oui, j’ose utiliser le vilain mot en C, dont la popularité diminue sans raison. Je dis sans raison parce que la propagande accusant le capitalisme d’engendrer des crises économiques est complètement fausse. C’est également sans raison parce que blâmer le capitalisme pour les torts causés par le gouvernement, c’est mordre la main qui nous nourrit.

 

Essayez un instant d’imaginer un monde sans capitalisme – un monde où l’innovation privée est honni ou inexistante, où la propriété privée dépend de la grosseur du fusil et où seuls les plus forts survivent. Dans ce monde, les handicapés ne pourraient pas vivre par manque de lunette, de chien-guide, de canne blanche, de chaise roulante et de prothèse; nous mourrions de faim en hiver parce que le libre-échange, la réfrigération, la conservation, le transport sous toute ses formes, l’agriculture et l’élevage seraient inexistants ou trop primitifs pour profiter à la masse; personne n’oserait accumuler trop de richesse de peur de se la faire voler, et donc personne n’investirait pour améliorer son sort et celui des siens. Bref, nous vivrions dans ce que Marx considérait l’âge d’or des travailleurs : des pays principalement auto-suffisants vulnérables aux famines, des familles qui doivent produire à peu près tout par incapacité de trouver des produits bon marché ailleurs, des populations qui augmentent et diminuent cycliquement tel que prédit par Malthus et dont la richesse stagne.

 

Alors lors de la prochaine Fête du Travail, ne célébrez pas la misère; célébrez la liberté. Honorez le seul système qui a pu augmenter, quoique inégalement, le niveau de vie de toute l’humanité. Célébrez les gens qui ont imaginé la production en série et ceux qui ont pour la faire fonctionner et parfois même l’améliorer. En d’autres mots, célébrez le génie humain, la seule chose qui nous distingue des animaux et qui nous permet d’améliorer notre sort.

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