Des raisons pour la santé de la légalisation

Comparaisons avec l’alcool et le tabac

Le tort causé par l’alcool et le tabac est immensément plus grand que celui causé par les drogues illégales, et plus spécifiquement le cannabis. Les coûts associés à l’abus des drogues illicites, qui incluent aussi les coûts des soins médicaux et la mise en application des lois, sont estimés à 1,4 G $ selon une étude de 1992. Les chercheurs ont découvert que 400 M $ des 1,4 G $ étaient des coûts reliés au maintien des lois concernant les drogues illicites. À titre comparatif, les coûts reliés à l’abus d’alcool et du tabac au Canada étaient de 7,5 G $ et 9,6 G $ respectivement. Les coûts des soins médicaux sont pratiquement nuls pour le cannabis. À l’opposé, les coûts des soins médicaux pour l’alcool et le tabac sont la majorité des 17,1 G $ que les deux produits imposent à la société. Bien qu’une dépendance psychologique et non physique peut survenir avec la consommation de marijuana, les études on démontré que la dépendance était moindre que la nicotine, l’alcool et la caféine. Aucune mort attribuable à l’utilisation de marijuana n’a été rapportée à ce jour. En 2003, le Comité spécial du sénat sur la législation des drogues a conclut que le cannabis présente très peu de danger à l’utilisateur et à la société (Sénat canadien, 2002).

Une drogue d’introduction?

Une Gateway Drug ( drogue d’introduction au Québec (la théorie)) est l’hypothèse selon laquelle, après avoir utilisé le cannabis, on se retrouve plus susceptible d’utiliser d’autres drogues plus fortes.

Il y a bien une forte corrélation entre la consommation de marijuana et l’utilisation d’autres drogues. Le National Institute on Drug Abuse établit qu’un consommateur de cannabis est 104 fois plus susceptible de consommer de la cocaïne qu’une personne qui n’a jamais consommée de marijuana. Toutefois, une corrélation n’implique pas nécessairement une cause. Un membre des Hell’s Angels 104 fois plus de chances d’avoir utilisé une bicyclette quand il était jeune qu’une personne qui n’est pas membre. Mais ceci ne veut pas dire que la conduite d’un véhicule sur deux roues est une « introduction » vers un groupe de motards.

Ainsi, selon un rapport du Congrès concernant les possibles dangers de la marijuana médical, l’institut de médicine de l’Académie Nationale des Sciences a écrit:

In the sense that marijuana use typically precedes rather than follows initiation of other illicit drug use, it is indeed a “gateway” drug. But because underage smoking and alcohol use typically precede marijuana use, marijuana is not the most common, and is rarely the first, “gateway” to illicit drug use. There is no conclusive evidence that the drug effects of marijuana are causally linked to the subsequent abuse of other illicit drugs.

Les études ont donc, jusqu’à maintenant, échoué à prouver, hors de tout doute raisonnable, la théorie. Par ailleurs, selon une étude du gouvernement fédéral en 2009, 2,3 M de personne on dit avoir essayé le cannabis, comparativement à 617 000 pour la cocaïne et 180 000 pour l’héroïne. Le rapport du Comité spécial stipule que la théorie n’a pas été validée par des recherches empiriques et devrait être considérée obsolète.

Des effets thérapeutiques reconnus

En juillet 2001, le ministre fédéral de la Santé adopte une nouvelle réglementation permettant, sous certaines conditions, l’accès au cannabis à des personnes présentant une symptomatologie spécifique : analgésique pour les douleurs chroniques, antispasmodique pour la sclérose en plaques, anticonvulsif pour l’épilepsie, antiémétique pour la chimiothérapie et stimulation de l’appétit pour la cachexie.

Un certain nombre d’études ont été faites sur les composés synthétiques, mais les connaissances à leur sujet sont encore insuffisantes pour établir leur efficacité et leur sécurité. L’absence de certains cannabinoïdes dans les composés synthétiques peut entraîner des effets secondaires indésirables tels des crises de panique ou des psychoses cannabiques. Les effets du cannabis fumé sont plus spécifiques et plus rapides que ceux des composés synthétiques (Sénat canadien, 2002).

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