Taxes, impôts et autres trucs

Bien entendu, comme le gouvernement « offre » généreusement autant de services, il doit avoir de bonnes sources de revenus. Celles autonomes étant presque inexistantes, il ne lui reste qu’une solution : le vol légal du produit d’autrui (euphémiquement appelé impôt). Sa forme progressive – on paie plus d’impôts quand on a un plus haut salaire – montre très bien son altruisme. Ainsi, une plus grosse part de l’impôt sur le revenu est payée par les « riches » – 70% de tout l’impôt est payé par 20% des contribuables. Et comme les contribuables (qui paient de l’impôt) représente moins de la moitié de la population totale (8M d’habitants), l’on peut déduire que les « riches » forment moins de 10 % de la population totale. En d’autres mots, ce sont eux qui doivent payer pour tous les services « gratuits » qui sont offerts.

Mais leur contribution ne se limite pas à l’impôt, déjà le plus élevé au pays – le plus bas taux d’imposition (16%) est plus haut que le plus haut taux de huit autres provinces et territoires. Il y a la taxe de vente combinée (TVQ et TPS), qui deviendra la plus haute au pays quand l’IPÉ et la NÉ auront réduit leurs taux d’ici juillet 2014. Comme elle s’applique à ce qui n’est pas « nécessaire » (produits de base comme le lait, le pain, les œufs, etc), alors les « riches » ont plus de probabilité d’en payer plus souvent que les « pauvres » (sauf si ces derniers fument ou boivent de l’alcool). Il y a aussi les taxes foncières, qui s’appliquent aux propriétés et non aux appartements. Le Québec est la 3e province où l’on paie, en moyenne, le plus de taxes foncières. Et depuis 2006, la hausse est fulgurante dans plusieurs municipalités, ce qui supposent que les gens qui ont une résidence secondaire en paient encore plus. Avec les caisses de retraites municipales qui sont de plus en plus vides et le manque de volonté des élus d’y apporter des réformes profondes, la hausse ne peut que continuer.

Parallèlement aux nombreuses taxes, il existe toute sorte de prix fixés par la loi, qui nuisent à tout le monde. Dans l’alimentation, il y a un prix plancher notamment pour le lait et la bière. Dans le premier cas, le prix vise à « favoriser la croissance des différents secteurs de l’agroalimentaire ». Ainsi, ont veut sacrifier les producteurs compétents, qui pourraient vendre moins cher, et permettre aux incompétents de rester en affaire. Au 8 janvier 2013, le prix du lait au Québec était presque trois fois plus élevé qu’en Idaho, État qui ne réglemente pas (autant) les prix.

Dans le second cas, on a imposé un prix plancher « pour limiter les excès ». Or, selon un professeur d’économie qui m’a enseigné au cégep de Ste-Foy, ça serait plutôt pour protéger les « petits » brasseurs face à la concurrence des plus gros comme Molson et Anheuser-Busch (Budweiser). Comme pour le lait, on veut favoriser le maintien de brasseurs qui ne seraient peut-être pas en affaires sans cette réglementation. Aussi, on suppose que toutes les bières s’équivalent, ce qui n’est pas du tout le cas. Comme pour le vin, la bière est très variée quant à sa qualité. Quelqu’un qui veut boire « pour boire » a à sa disposition plusieurs bières commerciales bon marché. Mais quelqu’un qui veut goûter à des bières de qualité – j’aime personnellement celles d’Unibroue – sera sans doute prêt à payer un prix plus élevé. D’ailleurs, dans le Couche-Tard où je travaille, ces bières sont effectivement plus chères par litre. C’est à ce demander pourquoi il y a un prix plancher…

Dans le logement, le gouvernement impose un prix plafond pour les logements loués. Le tout est dirigé par la Régie du logement, qui prétend que ses procédures sont respectueuses de la justice naturelle. Hum! Est-ce la justice naturelle permet à l’utilisateur d’un service de refuser la hausse de son prix? Exige qu’un propriétaire passe par la Régie pour modifier le bail pour hausser le loyer? Laisse à un organisme gouvernemental le soin de calculer le « bon » cout d’un loyer? Empêche un propriétaire de demander un dépôt de sécurité ou même d’expulser facilement un mauvais payeur? Impute le fardeau de la preuve au propriétaire en cas de non-paiement du loyer?

Bref, pour le logement locatif, on sacrifie les propriétaires, ceux qui risquent leur argent et leur propriété pour satisfaire une demande, afin de, semble-t-il, satisfaire les caprices des locataires. Plusieurs d’entre eux, un peu comme les carrés rouges, agissent comme s’ils avaient « droit » à un logement. Ensuite, on se surprend qu’il y ait pénurie d’appartements et surplus de condos…