Des solution viables

Après avoir exposé les principaux problèmes de l’éducation post-secondaire, permettez-moi d’y apporter des solutions concrètes, viables et qui voient à long terme. Elles sont tirées du manifeste des pas-de-carré, et comme celui des carrés rouges, il déborde légèrement du cadre scolaire. Néanmoins, elles sont reliées de près à l’éducation.

Donc, les pas-de-carré proposent

  • L’abolition complète du ministère de l’Éducation et le congédiement de tous ses fonctionnaires (qui seront naturellement compensés s’ils sont à contrat)
  • L’abolition du programme des prêts et bourses. Qu’on cesse de privatiser les gains et nationaliser les pertes.
  • L’abolition du REÉÉ. On n’a pas besoin d’un autre programme d’épargne; si une personne veut étudier/veut que ses enfants étudient, l’épargne ordinaire suffit.
  • L’abolition de toute forme de subvention à l’éducation à tous les niveaux, du primaire à l’université. Si l’éducation est si « payante », alors la dépense sera vue comme un investissement et se fera sans arrière-pensée.
  • L’abolition de la TVQ. Il est surprenant qu’un gouvernement comme le vôtre l’ait augmentée, considérant son caractère très régressif.
  • L’abolition de l’impôt des sociétés. En bout de ligne, le consommateur finit presque immanquablement par le payer, avec des prix plus élevés.
  • L’affectation de la moitié des surplus dégagés au remboursement de la dette et l’autre moitié à des réductions d’impôts, idéalement pour avoir un taux d’imposition unique au plus au niveau de l’Alberta (10%), mais idéalement moins. Bien que l’impôt soit effectivement du vol, il est difficile, dans un État fédéré, d’obtenir des revenus – un gouvernement central peut se financer avec des tarifs douaniers non prohibitifs. L’impôt sur le revenu semble nécessaire pour accomplir les missions régaliennes de l’État, soit la justice et la sécurité publique, quoique 10 % semble excessif.
  • L’abolition de tous les crédits d’impôt. Il n’est pas question d’encourager quelque comportement que ce soit, fût-il « vertueux » comme l’épargne retraite.
  • L’abolition de l’âge obligatoire pour les études. Ainsi, les personnes « pas faites » pour étudier pourront intégrer le marché du travail quand bon leur semble et selon les exigences des employeurs. Naturellement, rien ne les empêche de revenir plus tard si elles veulent améliorer leur situation.
  • L’abolition de la syndicalisation obligatoire des enseignants, de leur sécurité d’emploi automatique et de leur ancienneté en béton. Désormais, la compétence primera avant tout, et l’État ne dictera pas ce qu’un enseignant peut ou ne peut pas donner comme note.
  • L’abolition des commissions scolaires. Ces monstres bureaucratique ont plus leur intérêt à cœur que celui des élèves. Si des gens veulent regrouper certaines écoles pour mieux gérer les ressources, grand bien leur en fasse.

Oui, ces demandes sont radicales. Oui, ces demandes vont causer des perturbations à court terme, et certaines personnes risquent de souffrir beaucoup; certains n’iront peut-être même plus à l’université. Mais malheureusement, le statu quo est inacceptable. Plus on attend pour faire les réformes, comme ce fut le cas le dégel soudain des frais de scolarité, plus elles seront douloureuses. Des pays comme l’Estonie ont effectué des coupes publiques profondes et s’en porte nettement mieux que la plupart des autres pays industrialisés. Ceux qui, comme la Grèce, n’ont pas réformé leur économie, s’enfoncent de plus en plus dans le marasme économique – le Japon s’y trouve depuis 20 ans. Sans le secours financier de 8G$ envoyé par le reste du Canada, le Québec serait exactement dans la situation de la République hellénique.

Je vous remercie de l’attention que vous avez porté à mon mémoire. Bien qu’il aille à contre-courant de ce que Québec propose depuis 50 ans, les solutions qu’il apporte sont nettement plus viables. En effet, laisser le marché – laisser les actions et non-actions de tout les résidents du Québec décider de ce qu’il y a de mieux – est toujours la meilleure solution à un problème. Ainsi, les ressources sont utilisées de façon optimales et l’innovation améliore constamment la productivité. Dans le cas de l’éducation, la concurrence permettrait d’améliorer la qualité de l’enseignement, la gouvernance et même le prestige des institutions universitaires.

Au contraire, quand la décision est laissée au gouvernement, on privilégie le statu quo et tue l’innovation. Il ne peut en être autrement : comme la bureaucratie ne fonctionne pas selon le profit, elle ne peut fonctionner que selon des règles précises et dans les budgets. Les solutions pour l’éducation se trouvent à l’école et au niveau de la rue, pas au Complexe G.