Une gestion altruiste

De façon plus globale, je peux affirmer sans équivoque que le gouvernement du Québec gère le système d’éducation de façon altruiste. Par altruiste, j’entends le sens que la philosophe Ayn Rand donnait au mot, c’est-à-dire utiliser autrui pour ses propres fins, comme un agneau sacrificiel. Le déroulement de ce sommet en est une excellente preuve : la quasi totalité des invités aux plénières sont des gens qui ont un intérêt certain à ce que l’éducation post-secondaire demeure aussi « accessible ». Nul part ne cédez-vous la place au contribuable, qui va payer la note en bout de ligne, qui sera salée surtout si la « gratuité » est adoptée. Ce dernier est l’agneau sacrificiel mentionné plus haut.

À la place, vous laissez parler des associations plus altruistes les unes que les autres. Elles affirment presque toutes que l’éducation est un droit et qu’elle doit être accessible – ceci inclut les carrés verts, même s’ils approuvaient la hausse décrétée sous le gouvernement précédent. Or, absolument personne ne peut « avoir droit » à un produit. Oui, c’est exact : l’éducation est un produit et non un droit. Elle est un produit parce qu’elle a une offre, une demande et un prix. Elle a un prix parce qu’elle est le résultat du génie humain et non tombée des nues gratuitement comme le soleil ou la pluie. Ainsi, tout produit doit être payé à la hauteur du travail qui s’y trouve. Prétendre avoir droit au produit d’un autre humain est pire que de l’altruisme; c’est de l’esclavagisme.

Non, je ne tombe pas dans le sophisme. Autrefois, on exigeait d’un esclave qu’il fournisse 100 % de son produit à son maitre sans broncher. Aujourd’hui, pour payer la panoplie de services « offerts » par le gouvernement, ce dernier prend, comme les esclavagistes d’autrefois, le produit d’autrui sans lui demander sa permission. Au Québec, les contribuables les plus « riches » peuvent maintenant se faire voler – ils n’ont pas le choix de le payer, alors c’est du vol – presque 50 % de leur salaire en impôt; cela n’inclut pas l’impôt foncier ni les taxes sur les achats.

L’Institut CD Howe prédit que la nouvelle hausse d’impôt décrétée créera une très grande perte de revenus pour le gouvernement, ce qui est facilement compréhensible. En effet, pourquoi se donnerait-on la peine de travailler aussi dur si l’on est pour perdre chaque deux sous que l’on produit? Les gens travailleront moins, ne déclareront pas leurs revenus ou déménageront carrément, ce qui semble être la solution la plus populaire depuis que Statistiques Canada recueille les données à ce sujet.