Santé

Un autre domaine hautement altruiste au Québec est bien sûr la santé, qui accapare 47 % des dépenses de programme (à l’exclusion du service de la dette). L’altruisme est évidemment reflété dans la façon dont le système est administré. Comme c’est « gratuit » (lire : on utilise l’argent des autres), alors les gens ont un fort incitatif à consommer beaucoup de soins et à aller voir le docteur pour le moindre bobo. Aux États-Unis, cela est en partie responsable de l‘explosion des couts. Mais comme l’accès est universel, les listes d’attente s’allongent indéfiniment; à moins, bien sûr, d’avoir de bons contacts, comme j’ai déjà profité de même que, si je me fie aux témoignages de gens du milieu, des hauts placés syndicaux et des politiciens. Ainsi, on ne compte plus les gens qui meurent sur les listes d’attentes.

L’altruisme ne s’arrête pas là. En plus de niveler l’accès aux soins, le gouvernement laisse les associations professionnelles dicter qui peut exercer n’importe quelle profession (médecine, chirurgien, infirmière, etc.). En d’autres termes, on laisse le corporatisme reprendre la vigueur qu’il avait au temps d’Adam Smith. Comme il le disait si bien : « Les membres d’une même industrie se rencontrent rarement par plaisir ou pour se divertir, mais leur conversation aboutit invariablement sur une conspiration contre l’intérêt général ou sur un accord pour augmenter leur prix. » Et c’est exactement ce qui c’est produit : en laissant la Fédération des médecins omnipraticiens fixer les conditions d’entrée dans le métier, les dirigeants s’assurent de laisser rentrer des nouveaux membres au compte-goutte, ce qui réduit fortement l’offre et augmente donc les prix (salaires).

Ne vous laissez pas berner par leur grand discours du genre « on a l’intérêt des patients à cœur et on s’assure que les docteurs sont compétents. » Suivant cette « logique », il faudrait des ordres professionnels pour chaque corps de métier. Or, la plupart des métiers semblent très bien fonctionner avec le marché, i.e. avec les milliards de décisions et de (non) action de tous les humains de la planète, qui dictent si telle personne fait un bon métier ou si elle doit doit se trouver un autre boulot. Pourquoi en serait-il autrement pour le domaine de la santé? Avec les ordres professionnels, on sacrifie l’innovation et l’intelligence pour le conservatisme et la stagnation. Pensons seulement aux « réticences » des omnipraticiens face à l’idée d’engager des infirmières praticiennes, ou à la difficulté que les professionnels étrangers ont à travailler au Québec, pour voir très clairement qu’ils ont plus à cœur leur intérêt que celui des patients.

Si la Fédération avait vraiment le sort des patients à cœur, alors elle laisserait n’importe qui pratiquer. Oh, il y aurait bien sûr des charlatans (comme présentement : homéopathie, luminothérapie, reiki, etc.). Mais en laissant le marché trancher, les plus incompétents vont vite faire faillite et/ou se faire emprisonner pour violation de contrat, comme c’est le cas pour tout autre cas de fraude – dans le cas de la médecine : le traitement n’a pas donné le résultat prédit.

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