Très régulièrement, en parlant du Québec, les politiciens de la Belle Province se vantent de défendre le fameux « modèle » québécois, sans jamais daigner le définir. Plusieurs commentateurs, surtout ceux qui s’opposent à l’intervention du gouvernement, affirment haut et fort qu’il ne fonctionne pas. Moi, au contraire, je trouve qu’il fonctionne très bien.

En effet, le modèle québécois en est un d’altruisme. Selon la philosophie d’Ayn Rand (qu’elle appelle objectivisme), un altruiste est une personne qui en utilise une autre à ses propres fins, comme un agneau sacrificiel. Donc, comme les tribus primitives qui pratiquaient le sacrifice humain ou certaines sociétés qualifiées de modernes qui pratiquaient l’esclavagisme, plusieurs personnes au Québec fort preuve d’un fort altruisme. Et les exemples sont nombreux.

Éducation

En ce moment, le domaine québécois altruiste est sans aucun doute l’éducation. Lors du supposé « printemps érable », les altruistes au carré rouge sont descendus dans la rue pour refuser de payer plus pour une marchandise qu’ils ont à très bon marché – à peine plus chère que Terre-Neuve. Oui, l’éducation est une marchandise : elle a une offre, une demande et un prix. Ça a un prix parce que c’est le produit du génie humain (contrairement à la lumière du soleil, que l’on reçoit gratuitement), et les gens qui transmettent ces connaissances, fussent-ils syndiqués, ont droit à une juste compensation pour services rendus. Mais avec des frais de scolarité aussi bas, une université peut difficilement engager des professeurs de prestige, créer des chaires de recherches ou encore attirer les meilleurs étudiants.

Parlant des étudiants, plusieurs d’entre eux sont à l’université uniquement parce que l’État sacrifie les gens les plus productifs (via les impôts) et le redistribue selon ses caprices. Cela permet à certains d’étudier « pour le plaisir » dans des domaines aux débouchés limités (théâtre, sociologie, littérature, etc.) Ne me méprenez pas : je n’ai rien contre le fait que quelqu’un étudie dans les domaines sus mentionnés. Par contre, qu’il ne s’attende pas à ce que MON argent serve à payer son loisir, ni à le subventionner à se chercher un emploi s’il n’en trouve pas, ni à éponger sa dette. Dette qui, à cause de l’intervention du gouvernement, est en train de devenir la prochaine bulle sur le point d’exploser, justement parce que le gouvernement a encouragé sa surconsommation. Et toutes les dépenses publiques ne semblent pas avoir affecté pour le mieux les résultats.

Par ailleurs, le gouvernement faite preuve d’altruisme non seulement dans la façon dont il finance l’éducation, mais aussi dans la façon dont il la dirige. En effet, la quasi totalité des écoles, peu importe le niveau, s’inspirent du modèle prussien du XIXe siècle : des tests standardisés, le même enseignement pour tous, mais surtout une volonté d’unité nationale. Bref, on veut sacrifier les génies et égaliser (vers le bas) l’intelligence de tous pour créer des citoyens en série dociles. Des dirigeants aux États-Unis l’ont même affirmé explicitement. Ça doit expliquer pourquoi tant de génies avaient tellement peu de succès à l’école qu’ils ont décroché. On a également sacrifié les moins doués pendant longtemps, en leur faisant croire qu’ils avaient réussi alors que ce n’était pas le cas. Leur diplôme ne valait donc que le papier sur lequel il était imprimé.

Je peux personnellement témoigner du sacrifice des doués. Si je n’avais pas fait parti d’un groupe de concentration linguistique, qui passait en accéléré le programme régulier d’anglais (d’une facilité débilitante), j’aurais sans doute perdu tout intérêt pour l’apprentissage, comme beaucoup de gens surdoués.

Une dernière forme d’altruisme dans l’éducation, qui se retrouve un peu partout sur la planète, est ce désir de forcer l’égalité entre les hommes et les femmes. En d’autres termes, on veut permettre à des femmes de prendre place à l’université uniquement à cause de leur sexe. On sacrifie donc les hommes intelligents et compétents au nom d’une égalité forcée. Pourquoi veut-on tant inciter (ou pis, forcer) les femmes à aller dans les domaines « traditionnellement » masculins? Si elles ne vont pas en génie, en mécanique ou même en politique, n’est-ce pas parce qu’elles ne s’y intéressent pas? Et par souci d’égalité, ne devrait-on pas faire la même chose pour que les hommes, afin qu’ils aillent dans les domaines « traditionnellement » féminins comme l’enseignement ou la coiffure?

Si les universités étaient complètement privées, le problème ne se poserait pas. Les autorités seraient complètement libres d’admettre qui elles veulent, fusse uniquement des hommes blancs. Ce sera leur problème si elles se privent du talent de femmes compétentes, qui iront ailleurs. Et si toutes les universités les bloquent, hé bien! rien ne les empêche de créer leur propre université!

Le même logique s’applique pour les écoles primaires et secondaires. Déjà, plusieurs offrent des programmes spéciaux (langue, musique, sport) qui permettent de se bâtir une réputation et d’attirer les élèves. Si, en plus, elles avaient la liberté de créer leur programme éducatif, alors ce serait la compétition pour avoir le meilleur programme et les meilleurs enseignants. Un bureaucrate dans sa tour d’ivoire du Complexe G peut difficilement comprendre les principes du marché; puisqu’il ne fonctionne pas selon les profits, il ne peut que fonctionner selon des règles strictes, qui tuent l’initiative.

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