Ode au néolibéralisme

Un dernier point, qui est même l’apanage des monétaristes, se rapporte aux bienfaits de la mondialisation et du commerce pour aider les gens à se sortir de la pauvreté. N’en déplaise aux anti-mondialisation – leur « alternative » étant vraiment l’autarcie ou le dirigisme économique –, ce qu’il y a de néolibéralisme sur la planète est ce qui a le plus aidé l’humanité à s’enrichir (certes, à des rythmes inégaux) et à sauvegarder son environnement.

Un des exemples les plus dramatiques est sans doute la Chine. Avant les réformes de Deng Xiaoping, l’Empire du Milieu avait un Gini de 0,29, révélant une répartition plus égale des revenus, mais un taux d’extrême pauvreté à 85 % (Ravallion, 2009). En 2005, 25 ans après les réformes, les chiffres étaient respectivement 0,42 et 16 %. Bref, même si les revenus sont plus mal répartis, les gens sont plus riches!

Certains répliqueront que cet enrichissement s’est fait sur le dos du pauvre monde, notamment au travers des ateliers de misère (sweatshops), où les conditions qualifiées d’épouvantables – salaires trop bas, heures de travail trop nombreuses, travail infantile – justifieraient une intervention musclée des gouvernements. Or, il n’en est rien. Jusqu’à preuve du contraire, les gens qui vont dans ces usines « de misère » le font de leur plein gré et ne se font pas attacher de boulet au pied. Certes, les salaires sont plus bas que dans les pays industrialisés, mais c’est uniquement parce que la productivité est plus basse. Si l’on compare le salaire d’une usine locale à celui d’une usine multinationale (considéré comme exploiteuse), on se rend compte que la seconde offre un salaire nettement plus avantageux – jusqu’à deux fois le salaire local dans les pays en développement (Oatley, 2012). Aussi les gens rêvent-ils d’y travailler; les seules autres alternatives sont une agriculture éreintante, ramasser des déchets dans un dépotoir ou la prostitution et la faim (Henderson, 2000). Vouloir mettre des restrictions n’est qu’un protectionnisme déguisé (Oatley, 2012), voulu de groupes qui ont beaucoup à perdre de la mondialisation, notamment les syndicats et une partie de l’industrie manufacturière.

D’autres ajouteront que l’enrichissement se fait sur le dos de l’environnement, que le développement économique est synonyme de pollution et de destruction des écosystèmes. C’est en partie vrai : pour commencer le développement industriel, un pays se procure des ressources bon marché, généralement très polluantes comme le charbon. Toutefois, avec l’enrichissement des gens et l’amélioration des techniques de production, les industries utilisent de moins en moins d’énergie ou l’utiliser plus efficacement (Oatley, 2012) – les deux chocs pétroliers ont fortement poussé dans cette direction.

Aussi, un excellent moyen de garantir un environnement sain (et même de protéger les espèces animales) est la privatisation. En effet, les élevages privés d’oryx algazelle (Hennessy-Fiske, 2012) et de rhinocéros blanc (Sas-Rorlfes, 2010) ont permis de sauver les espèces. Comme pour n’importe quelle propriété privé, un entrepreneur a intérêt à la préserver afin d’en profiter longtemps. Cette préservation inclut le maintien d’un environnement sain. Quand la propriété est publique – et donc, que personne n’est directement responsable – c’est le désastre écologique presque assuré, comme c’était le cas derrière le rideau de fer (DiLorenzo, 1992). Au contraire, quand une propriété privée est très bien définie, alors un entrepreneur entretient très bien ses installations pour préserver son investissement et s’éviter des poursuites, comme ce fut le cas avec le Love Canal (Stroup, 2008).

En conclusion, oui, suivre les conseils des économistes, principalement ceux qui veulent « laisser faire » et qui pensent à long terme, aurait des impacts très positifs sur la société. L’histoire le démontre d’ailleurs : les gouvernements qui n’ont « rien fait » pour régler une récession s’en sont sortis nettement plus vite (Powell, 2009) que ceux qui ont voulu « aider » l’économie (Sullivan, 2004). Et plus généralement, les pays les moins interventionnistes ont le plus haut PIB par habitant, la plus haute espérance de vie, le plus haut niveau de revenu pour les plus pauvres et les plus bas niveaux de corruption1. Donc, effectivement, les nombreux problèmes que l’on connait viennent principalement de l’interférence des politiciens, ou encore des conseils qu’ils reçoivent de « mauvais » économistes.

1http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=dH5VDZY2H28#!

(PS: ce texte faisait partie d’un essai que j’ai écris. Je peux fournir les références sur demande)

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