Notre monde complexe semble requérir des mesures tout aussi complexes pour remédier à ses problèmes (nombreuses lois et réglementations, interdictions de toute sorte, permissions spéciales). Cependant, certaines personnes croient que si les économistes dirigeaient le monde, ce dernier s’en porterait tellement mieux car leurs idées, sur papier du moins, donnent de meilleurs résultats. Le problème, c’est quand les politiciens interfèrent et brouillent les cartes. Est-ce vrai?

Avant d’y répondre, il serait primordial de définir ce qu’est un économiste. Le Wiktionnaire français définit un économiste comme une personne qui se préoccupe d’économie-politique.. Il ajoute les paroles de deux grands économistes français, Turgot et Bastiat, pour apporter une définition plus poussée. Le premier affirmait que l’axiome principal des économistes, c’est « laissez faire, laissez passer », tandis que le second avançait qu’un mauvais économiste ne tenait pas des conséquences à long terme, préférant un bon effet immédiat à court terme.

Suivant ces définitions, l’on peut immédiatement exclure du lot des « bons » économistes les keynésiens. En effet, les fidèles de Lord Keynes ne font que vivre à court terme. Le principal intéressé voyait dans le gaspillage de la création de richesse (Mises, 2006), tandis que Paul Krugman voit dans la destruction une excellente nouvelle pour l’économie (Krugman, 2001). Toutes ces idées folles, Bastiat les a démonté avec son célèbre Sophisme de la vitre cassée (Bastiat, 1850). Oui, la destruction peut amener des dépenses qui sont comptabilisées dans le PIB, mais ça ne crée pas de richesse; ça la déplace. Si sa vitre était restée intacte, Jacques Bonhomme aurait acheté un nouvel habit ou même un nouvel ordinateur (s’il était né plus tard).

Ce « court-termisme » se reflète également dans les solutions keynésiennes pour se sortir de la morosité économique, soit l’augmentation des dépenses publiques. Cela donne naissance à des éléphants blancs, notamment les célèbres « ponts vers nul part »(Utt, 2005) ou le programme cliché pour créer une croissance rapide : creuser un trou et le remplir1. Comme pour une vitre cassée, ces programmes, oui, créent de l’emploi et entrainent un supposé effet multiplicateur. Par contre, on oublie de dire que l’argent « dépensé » par le gouvernement vient d’ailleurs, soit de la poche des contribuables. Un dollar dépensé par le gouvernement est un dollar de moins dépensé par un particulier (via les impôts), un entrepreneur (via les emprunts publics) ou encore carrément une perte du pouvoir d’achat (via l’inflation, et donc l’impression de monnaie)2. Sans compter qu’à long terme, l’économie semble vouloir tendre vers un certain équilibre, et l’augmentation des dépenses publiques a généralement comme effet d’augmenter les prix, et parfois même les taux d’intérêts (Abel et al., 2012), montrant que « laisser faire » est la bonne solution.

De la vitalité de la propriété privée

Les socialistes, les communistes et toutes les personnes qui remettent en doute le bien-fondé de la propriété font également parti des « mauvais » économistes. Sans elle, la civilisation moderne serait sans doute impossible.

Oui, c’est exact. La propriété privée, et la possibilité pour une personne de l’exploiter selon son intérêt personnel, est la justification morale pour le capitalisme et un des rares gage de succès assuré pour un pays. C’est en grande partie ce qui explique l’explosion de la richesse aux États-Unis avant le XXe siècle : c’est le premier pays de l’histoire qui a laissé libre cours au génie humain (Rand, 1967), qui voyaient les humains comme des fins en soi et non comme des agneaux sacrificiels (Rand, 1964). C’est d’ailleurs la propriété privée qui a sauvé les colons anglais de Plymouth (Bowyer, 2012), et c’est son absence qui peut, en grande partie, expliquer la pauvreté crasse des Autochtones des réserves (Helin, 2011). Sans propriété privée, point d’encouragement à la multiplication des richesses (Say, 1841)

Par ailleurs, les bases de la théorie socialiste sont à peu près inexistantes. En effet, on prétend que ce système « scientifique » est le paroxysme de l’égalité et de la démocratie (Mises, 1951), et que ses critiques ne sont que des sycophantes de la bourgeoisie. On élève l’attaque ad hominem au rang d’argument. Aussi, on ne s’est jamais questionné à savoir si ce système, où il n’y a aucune propriété privée, était viable. Hé bien, il ne l’est pas. Sans propriété privée, et donc sans système de profit et de pertes, il est strictement impossible de connaître les couts d’opportunité, c’est-à-dire savoir si telle production ou tel emploi d’une ressource est optimal (Mises, 1951). Le système est donc appelé à s’effondrer (comme l’URSS) ou à se réformer en profondeur (comme la Chine, qui a introduit la propriété privée depuis Deng Xiaoping; Senese, 1987).

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