La guerre des pensions

L’autre point chaud de discussion du prof Breton a été les fonds de pension, ce qui représente, selon lui, le talon d’Achille des syndicats publics. « Au public, on a la permanence et on n’a pas à s’inquiéter : 35 ans de job à l’abri des crises économiques, au moins 25 ans de fonds de pension à 42 000 $ par année à l’abri des aléas du marché, pension qui peut être transmise. Donc, si le fonctionnaire de 60 ans marie une jeune de 25 ans, elle pourrait hériter de 60 % de cette pension. Donc, quand l’État engage quelqu’un, ça peut être jusqu’à 100 ans!! », mentionne-t-il.

Au privé, c’est loin d’être aussi facile. « L’employé au privé est le seul à payer pour son fond de pension, et ce dernier fluctue selon les marchés. S’il veut avec une retraite avec 45 000 $, il doit accumuler 1,5M $ dans un RÉER à 3 %. J’ai un ami dans le commerce de détail. Il a 56 ans, et il croit devoir travailler encore au moins 10 ans pour compenser les pertes de 2000 (la bulle technologique) et 2008 (la bulle immobilière).

« Avec ce désir du PQ de taxer les gens qui gagne 130 000 $ et plus, c’est la preuve que le gouvernement veut s’attaquer aux gens sans sécurité et protéger ses fonctionnaires ordinaires. »

Et cette attaque risque vite de dégénérer. « Dans leur structure actuel, les régimes de pension publics ne pourrait payer que 64 % des sommes promises. Comme il y a de plus en plus de retraités pour le nombre de travailleur, c’est en train de devenir une arnaque pyramidale. Les rendements sont actuellement nuls, et donc irrécupérables dans un avenir rapproché. Les fonds de pension des profs à la retraite ont le même problème. C’est donc VOUS qui allez payer pour ma retraite. HAHAHA!!! »

Toutefois, la situation ne peut pas durer, selon Breton. « Les  »syndicaleux » vont se retrouver à défendre leurs régimes de pension fortement déficitaires. Mais il vont être coincés avec les non syndiqués, qui sont surtout au privé, et aussi leurs collègues plus jeunes, qui n’ont pas les mêmes défenses. En effet, dans une convention collective typique, l’ancienneté prime sur tout à compétence semblable. Le  »syndicaleux » avec l’ancienneté se fait promouvoir avant et congédier après. »

Pour un monde pragmatique

S’il le pouvait, le prof Breton créerait un monde pragmatique (il ne veut pas utiliser le mot « idéal »). « On vivrait selon ses moyens, ce qui veut dire qu’on cesserait les déficits et qu’on ne recevrait plus de péréquation. On en finirait aussi avec les politiques universelles mur à mur, qui sont complètement ridicules. Elles sont faites pour des gens égaux; or, l’égalité des gens est un mythe. Et la base de ces politiques, c’est le nivellement par le bas : on fait des politiques économiques à partir des pauvres et des politiques d’éducation à partir des élèves en difficulté. En fonctionnant à partir de la moyenne, tout le monde écope parce que les gens brillants performent moins.

« S’il doit y avoir des politiques publiques, elles devraient uniquement se centrer sur les personnes qui en ont besoin. Dans l’économie, les programmes aident uniquement les plus pauvres; dans l’éducation, les programmes d’aide s’adressent uniquement aux élèves en difficulté. Ainsi, les élèves les plus brillants peuvent mieux développer leur potentiel plutôt que d’attendre que les moins bons comprennent. L’excellence génère l’excellence. »

Au sujet de l’excellence, il dénonce au passage les subventions aux entreprises. « Elles faussent tout. C’est comme si l’État disait qu’il n’avait pas confiance en ses citoyens pour se concurrencer; c’est lui qui choisit les gagnants et les perdants.

« À ce sujet, pourquoi Québec a-t-il choisi de faire gagner le chantier maritime de Lévis? Il aurait été plus rentable de payer les travailleurs 50 000 $ à ne rien faire plutôt que d’y dépenser les milliards qui ont été dépensés. »

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