Depuis le début du mouvement de boycott étudiant – l’éducation est une marchandise, car elle est le produit du travail humain, tel que reflété par son prix, son offre et sa demande –, deux principale factions se sont opposé. Il y a d’abord les carrés rouges, les plus bruyants, les collectivistes enragés, ceux pour qui tous les moyens sont bons pour atteindre leur fin, qui est soit annuler la hausse de 1625$ des frais de scolarité – qui laisse malgré tout le Québec tout juste devant Terre-Neuve pour 2012-2013 –, soit atteindre la gratuité scolaire et ainsi prétendre avoir droit au produit d’autres humains comme les esclavagistes d’autrefois – quoi que même avec la gratuité, ça ne serait pas suffisant. Il y a ensuite les carrés verts, légèrement moins collectivistes que les carrés rouges – ils prétendent aussi que l’éducation est un droit –, qui approuvent la hausse des frais de scolarité et la bonification du programme de prêts et bourses tout en s’opposant aux boycotts, dont les votes sont peu démocratiques et ouverts d’esprit.

Bref, dans les deux cas, nous avons deux factions étatistes qui justifient le rôle du gouvernement dans l’éducation. Elles sont d’accord pour que les contribuables paient leur éducation – seule la proportion change –, bien que les frais semblent sans influence sur la diplomation et qu’une injection massive de fonds publics n’a, au mieux, qu’une influence non significative sur les résultats. Pour utiliser la terminologie objectiviste, ce sont des altruistes, des gens qui utilisent les autres à leurs fins.

La faction de la liberté

C’est pourquoi il est plus que temps pour qu’un autre groupe voit le jour : les pas-de-carré. Qui sont-ils? Ce sont des gens qui s’opposent à toute ingérence du gouvernement dans l’éducation, et qui veulent donc l’abolition du ministère de l’Éducation. Ce sont des gens qui voient l’éducation comme elle est : une marchandise. Ce sont des gens qui sont conscients que la meilleure façon de décider de la répartition d’une marchandise, c’est par le marché, i.e. par les décisions des huit millions de personnes vivant sur le territoire du Québec. Ce sont, comme les carrés verts, des gens qui s’associent volontairement et n’exercent aucune coercition les uns sur les autres. Enfin, toujours comme les carrés verts, ce sont des gens qui croient que des boycotteurs n’ont aucun droit de bloquer l’accès aux cours des personnes qui veulent y assister, même si une assemblée qualifiée l’a décidé. Après tout, c’est le consommateur individuel qui choisit ou non de boycotter une marchandise; un groupe n’a aucun droit de l’empêcher de la consommer, surtout pas au nom de la « solidarité ». Solidarité qui, dans le cas des boycotts étudiants, est sans valeur puisqu’elle est renforcée à la pointe d’un fusil.

Cesser de biaiser les choix

Donc, en voyant l’éducation comme une marchandise, il est facile de comprendre l’effet d’une intervention des gouvernements. En effet, comme tout prix plafond – dans ce cas-ci, les étudiants ne paient pas le prix réel de leurs études –, les consommateurs ont un fort incitatif pour consommer le plus possible. En « consommant » plus d’études, le marché se retrouve donc saturé de diplômés dans des domaines aux débouchés limités – sociologie, théâtre, sciences politiques. La note est évidemment refilée aux contribuables.

Si, ainsi que le prétend la CLASSÉ, moins d’étudiants sont sur les bancs suite à la hausse, c’est donc signe que lesdites études n’en valaient pas la peine. En d’autres mots, la dépense encourue par trois années de bac n’aurait pu être remboursé par un travail convenable. Cela a donc diminué le gaspillage encouru par des frais trop bas; gaspillage qui serait encore plus réduit si les frais étaient laissés à eux-mêmes.

Mais le gaspillage n’est pas unidimensionnel. Il ne faut pas oublier les prêts et bourses, qui sont la prochaine bulle. La même logique que les bas frais s’applique : quand le gouvernement change les incitatifs, les gens, qui sont rationnels, changent leur comportement pour en profiter. Dans le cas des prêts et bourses, des gens qui n’auraient autrement pas accès à des prêts y ont « droit », ce qui augmente leur dette et taxe leur capacité future de payer (et celle des contribuables). On subventionne ainsi encore plus les études, avec des résultats mitigés.