Fausse route environnementale

En ce qui concerne l’environnement, les prémisses de la CAQ sont moins solides qu’un jouet acheté dans un magasin à un dollar. En effet, l’équipe Legault s’engage à respecter les recommandations du GIEC pour la réduction des gaz à effet de serre, même si l’organisation a été discréditée depuis belle lurette.

La CAQ veut également imposer un moratoire sur le développement des gaz de schiste « et ce, jusqu’à ce que des études scientifiques claires montrent que cette fracturation et l’exploitation du gaz de schiste qui en découlent peuvent se faire dans le respect de l’environnement naturel et de la santé des populations locales. » Ces études existent déjà, mais la peur continue de régner, fût-elle une fabulation totale. De plus, le gaz naturel est moins polluant que les autres énergies fossiles; cela permettrait au Québec de diminuer son utilisation de mazout lourd, la deuxième plus forte au pays.

Mais comme l’idéologie prime sur les faits en politique, la CAQ continuera sur sa fausse route en « encourageant » le développement des énergies alternatives et en garantissant un tarif minimal pour leur exploitation. En d’autres mots, on veut répéter l’erreur espagnole et les nombreuses commises aux États-Unis et gaspiller les fonds publics dans des aventures vouées d’avance à l’échec.

Ce gaspillage se reflète aussi dans la politique de crédit d’impôt pour les voitures hybrides, une des clés de voûte des écologistes modernes. Mais ne leur en déplaise, les voitures hybrides sont très souvent plus sales (pour l’instant) que les Hummer et les propriétaires d’hybride renouvellent rarement leur auto.

Ce gaspillage se reflètera aussi dans des investissements caquistes pour « améliorer » la circulation automobile. Comme toujours, on ne mise que sur le transport en commun. Bien qu’il ait une certaine importance, il ne faut pas miser uniquement sur lui. En effet, on m’a toujours enseigné dans mes cours d’économie que l’utilisation de l’autobus est inversement proportionnel à la richesse. Durant les deux années où j’ai travaillé à temps plein, j’ai vite compris pourquoi : la voiture est prête quand on a besoin d’elle, tandis qu’on doit être prêt pour l’autobus… si jamais il passe. De plus, un autobus n’est (généralement) écologique qu’aux heures de pointe, soit moins de ¼ de la journée au Québec. La congestion routière s’explique par un simple principe d’offre et de demande : les routes offertes sont « gratuites », alors la demande pour ces dernières est très fortes. En instaurant des péages (ou mieux, en vendant les routes), on allègerait du même coup le fardeau fiscal et « obligerait » les gens à repenser leur itinéraire. Et privatiser le transport en commun aussi serait une solution; avant que le public ne s’en mêle, les autobus au Chili étaient très efficaces.

En conclusion, qualifier la CAQ de « droite » est une farce monumental. Comme je l’ai démontré, ce parti est, à tout le moins, aussi interventionniste que le PQ et le PLQ. Il continuerait de propager la même vieille idée fausse que le gouvernement doit intervenir dans la santé, l’éducation de même que dans la culture et la langue – la CAQ propose encore plus de fonds pour sa « promotion » et sa « protection ». Si François Legault et son équipe rentre au pouvoir, ne vous attendez-donc pas à une révolution.

 

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