Des efforts financiers insuffisants

Du côté des finances, un gouvernement Legault avancerait quelques bonnes idées, notamment une diminution de 1000$ d’impôts par famille et l’élimination de la taxe santé. Malheureusement, les mesures pour compenser cette diminution des revenus – alléger les structures bureaucratiques – risque d’être un échec, tel que mentionné précédemment. D’ailleurs, peu importe les montants investis, que ce soit en éducation ou en santé, il y aura toujours des carences majeures quand le public s’en occupe.

Parlant d’éducation, la CAQ déplore que les frais de scolarité n’aient pas été augmentés plus dans le passé. Questionnement étrange, considérant que le chef a été ministre de l’Éducation. Néanmoins, en gardant une perspective étatique, une hausse des frais de scolarité est la seule solution envisageable. Quand les frais sont « gelés », ils diminuent si l’on tient compte de l’inflation. Cela crée donc plus de pression sur les finances publiques.

Et n’en déplaise à la CAQ, une hausse soudaine pourrait avoir du bon. En effet, comme les gens devront payer un prix plus réaliste pour leurs études, ils pourraient ainsi ne pas aller à l’université ou, à tout le moins, éviter les facultés aux débouchés limités (théâtre, politique, sociologie). Je n’ai rien contre elles; par contre, le nombre de leurs étudiants est artificiellement élevé justement parce que leurs études sont bon marché (ou, parallèlement, que les prérequis sont trop peu exigeants, contrairement à la médecine).

Une diminution du nombre d’étudiants créerait un soulagement sur le système de prêts. J’ignore quelle est la situation au Québec, mais aux États-Unis, c’est en train de devenir la prochaine bulle. Cela prouve, une fois de plus, que la solution à un problème étatique est privée. L’État change le comportement rationnel des gens et les amènent à agir d’une façon différente que sur le libre-marché.

Ce n’est donc pas sans un certain scepticisme que je regarde la promesse de vouloir diminuer la dette. Bien qu’elle ait raison sur le montant et sur l’injustice intergénérationnelle que cela crée, la CAQ affirme aussi que payer la dette permet de libérer des ressources pour les missions « importantes » de l’État, non définies.

Elle affirme aussi que les redevances sur les ressources non renouvelables serviront à payer la dette, afin qu’elles « bénéficie à tous les Québécois, et non pas seulement à ceux qui ont la chance de vivre au moment de leur extraction. » Je ne reviendrai pas sur le langage collectiviste d’une telle pensée, mais j’ajouterai simplement que tout ce qu’un entrepreneur privé fait, c’est au bénéfice de la société, même si ce n’est pas le but explicite. Le boulanger, le boucher et le cordonniers ne travaillent pas pour nous nourrir ou nous vêtir mais bien pour se nourrir et se vêtir.

Prendre les familles par la main

La CAQ poursuit ses politiques collectivistes avec les familles. On espère entre autre mieux encadrer les CPE pour empêcher l’attribution de places par affairisme, pour mieux encadrer les programmes éducatifs qu’on y offre et faire reconnaître leurs services comme essentiels.

C’est drôle, mais jusqu’à ce qu’on nationalise les garderies, il n’y avait pas de problème de pénurie de places ni de grève. C’est depuis que l’État les a prises en charge que les problèmes ont commencé, l’affairisme y figurant au premier plan. Quand un programme est politique, la corruption est presque inévitable; le parti au pouvoir « récompense » ses électeurs, peu importe le domaine. Et comme le cout défrayé est bien en-deçà du cout réel – même si le prix nominal a été augmenté – alors la demande augmente artificiellement, ce qui cause des pénuries telles que tous les moyens sont bons pour avoir une place. Enfin, comme les garderies sont devenus un service « public », elles sont nécessairement « essentielles ». Quelle ineptie : seules les tâches régaliennes d’un État sont essentielles, car elles maintiennent un minimum d’ordre dans la société. TOUT le reste ne crée que du chaos, comme c’est le cas avec les garderies.

C’est également le cas avec cette volonté d’obliger les employeurs à offrir des congés payés pour raison familiale. En fait, ce n’est pas chaotique, c’est paternaliste. On enlève ainsi la liberté aux employeurs et aux employés d’en arriver à un accord de gré à gré sur le sujet. Maintenant, comme c’est le cas avec les congés parentaux et l’équité salariale, les employeurs pourraient être tentés de discriminer les parents avec des enfants pour éviter d’être obligés de payer ces congés.

Ce paternalisme se reflète dans cette promesse de faciliter l’accès à la propriété. Oui, acheter une maison est très dispendieux, et de nombreux frais administratifs l’entoure. Malheureusement, tout gouvernement qui tente « d’aider » la population à devenir propriétaire crée des bulles, comme ce fut le cas aux ÉU ou au Canada.

Il se reflète aussi dans cette volonté de non seulement maintenir les régimes « volontaires » d’épargne retraite, mais de les centraliser sous la Régie des Rentes du Québec. Il est vrai que les gens n’épargnent pas beaucoup; le programme de la CAQ affirme que 60% des travailleurs n’ont rien d’autre que le régime public auquel ils ont cotisé. C’est dommage, mais c’est prévisible. Avec un taux d’intérêt aussi ridiculement bas, épargner est même désavantageux si l’on tient compte des frais d’administration de plusieurs programme de RÉER. Et avec tout ces frais payés (taxes, impôts, RRQ, assurance parentale, etc.), le salaire réel des gens est maigre pour pouvoir épargner plus. Qu’on commence par l’augmenter – il n’est pas mieux qu’au milieu du classement canadien – afin de permettre aux gens les moyens de pouvoirs épargner pour leur retraite.

D’ailleurs, il n’est pas du ressort du gouvernement de dicter une politique de retraite à quiconque. Présentement, surtout dans le secteur public, on pense encore à Liberté 55; on espère prendre sa retraite à 55 ans ou après 35 ans de services. L’ennui avec cette mesure, c’est que les personnes (surtout les femmes) vivront encore en moyenne 25 ans. Dans l’État actuel du système, et avec la retraite à venir des baby-boomers, ça va créer une pression énorme sur les finances publiques. Laissons-donc le loisir aux travailleurs de prendre leur retraite quand bon leur semble ou de négocier un arrangement avec leur employeur.

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