Pour la deuxième fois en autant de semaines, on nous casse les oreilles avec tous les clichés anticapitalistes imaginables. Après le Jour de la Terre, c’est au tour de la Fête internationale des Travailleurs (1er mai) de nous « rappeler » tous les « méfaits » du capitalisme, cette fois-ci sur les « pauvres » travailleurs sans défense. La Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) appelle d’ailleurs à une grève sociale illimitée «  pour mettre fin au capitalisme, parce que sans nous, les capitalistes ne sont rien ».

Pourquoi tant de haine envers le système économique qui leur a permis de vivre? En effet, avant la Révolution industrielle, les enfants avaient 40 fois moins de chance de survivre à l’enfance et les femmes, 60 fois plus de risque de mourir durant l’accouchement. Pourquoi tant de haine envers le système économique qui les a sauvé d’une entrée précoce dans le monde du travail? C’est le capitalisme qui a permis à leur père de gagner assez d’argent pour que le reste de la famille n’ait pas à s’épuiser prématurément2 – l’entrée massive des femmes sur le marché du travail s’explique par une forte baisse du pouvoir d’achat, et donc de l’intervention du gouvernement. Pourquoi tant de haine envers le système économique qui leur rend la vie tellement plus facile? C’est grâce au capitalisme – la production de masse pour la masse, pour citer Ludwig Von Mises – qu’on a inventé la roue, le papier, l’agriculture, la poterie, le tissage, la métallurgie, la monnaie, les banques, le moteur à vapeur et à explosion, la radio, l’électricité, l’ordinateur, etc. Oh, certains plaideront que nous n’en sommes pas plus heureux, et c’est peut-être vrai. Par contre, nul ne peut nier que notre vie s’en trouve grandement facilitée; peut-on imaginer marcher pieds nus – les souliers sont aussi une gracieuseté du capitalisme – de Québec à Montréal en plein hiver?

La main visible du gouvernement

Si la CLAC veut se plaindre, qu’elle le fasse contre le gouvernement. Il est LE responsable de TOUTES les crises économiques depuis les 100 dernières années : la Grande Dépression a été causée non pas par le capitalisme, mais bien par un État hypertrophié5 et une banque centrale qui a trop fait fonctionner la planche à billets – ce fut également une des causes principales de la stagflation des années 70, principalement par l’abandon total de l’étalon-or et de l’adoption d’une monnaie uniquement fiduciaire par Nixon; la bulle technologique des années 90 a été causée par une décennie de manipulation artificielle des taux de change et des taux d’intérêts6; enfin, la crise économique qui sévit toujours, si l’on se fie à ce qu’était l’emploi avant la crise et maintenant, a été causée par l’État, notamment par des taux d’intérêts trop bas, la nationalisation des hypothèques à risque, la quasi obligation pour les banques de prêter à tous même si la personne peut tomber enceinte ou reçoit de l’assistance publique, et ce même si les politiciens savaient que cela encourait plus de risque – on estime la somme extorquées aux banques à 4,5 billions $ (oui, avec 12 zéros) depuis l’adoption du Community Reinvestment Act en 1977, et j’en passe sûrement.

Empirer les conditions de travail

En plus de causer les crises économiques, l’État est aussi le principal responsable des mauvaises conditions des travailleur et, par la bande, de la population.

En effet, la quasi totalité des lois du travail son au mieux inutiles : le salaire minimum cause du chômage – c’était d’ailleurs le but recherché lors de son implantation; le corporatisme des professions limite grandement l’offre et augmente substantiellement les couts, notamment dans le domaine médical14; les différents « acquis sociaux » du monde du travail (assurance parentale, congés et vacances obligatoires, régime d’épargne « volontaire », heures de travail contrôlées) augmentent grandement les couts, en plus d’empêcher les personnes de travailler à leur guise – les socialistes allemands du 19e siècle étaient d’ailleurs opposés aux législations de Bismarck en ce sens, quoique pour les mauvaises raisons15; les lois en faveur des syndicats (pas de vote secret pour l’accréditation, cotisation obligatoire, blocage des briseurs de grève) créent un chômage institutionnalisé16, consomme les capitaux actuels17, augmentent les couts de production18 et est une violation flagrante de la propriété privée.

En conclusion, si les socialistes de la CLAC veulent vraiment changer le monde, qu’ils dirigent leurs énergies vers le principal coupable de nos malheurs : le gouvernement. Sans son intervention dans l’économie, tout s’améliorerait substantiellement. Plutôt que d’avoir affaire à sa coercition et à son favoritisme, nous serions obligés de tout négocier de gré à gré, et tout le monde serait gagnant. Aussi pourrions-nous finalement renouer avec la croissance en ayant des taux d’intérêts fluctuant selon les besoins du marchés, ce qui enlèverait les cycles économiques, et en pouvant finalement investir les profits dans la recherche et le développement plutôt que de s’en faire voler jusqu’à 48 % par le fisc.

2 Mises, Ludwig Von. Human Action : A Treatise on Economics Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.612

5 Rothbard, Murray N. America’s Great Depression, Mises Institute, Auburn, Alabama, 2000

6 Garrison, Roger W. et Callahan, Gene. Does Austrian Business Cycle Theory Help Explain The Dot-Com Boom And Bust? The Quaterly Journal Austrian Economics, Vol 6, No.2, été 2003

14 Remarquez toutefois que même déréglementées, certaines professions continueraient d’être plus chères à cause de leur longue formation, comme cardiologue et neurologue

15 Mises, Ludwig Von. Marxism Unmasked: From Delusion to Destruction, Foundation for Economic Education, Irvington-on-Hudson, NY, 2006, p.24

16 Mises, Ludwig Von. A Critique of Interventionnism, Ludwig Von Mises Institute, 2011, p.9-10

17 A Critique of Interventionnism, p.104

18 Human Action, p. 363