(Ce texte est une réplique à celui de Savignac, du Huffington Post Québec. Question d’utiliser les mêmes simplifications, « droite » sera synonyme de libertarien et « gauche » sera synonyme d’étatiste qui veut « distribuer » la richesse et forcer la solidarité)

  • Papa, toi tu dis toujours la gauche, la droite, la gauche, la droite … mais c’est quoi ça, qu’est-ce que ça veut dire ?
  • Mon amour, c’est très simple. La droite fonde ses valeurs sur l’individu, la responsabilité, la raison et l’entraide volontaire. La gauche, elle, fonde ses valeurs sur l’émotion, la collectivité, la distribution forcée et la jalousie du succès. Va te brosser les dents.
  • Papa … j’ai huit ans …
  • Excuse-moi mon crapaud, Papa a eu une semaine difficile. Alors, comment te dire… voilà : imaginons que ton école, c’est le monde; ta classe, un pays; ton professeur, le Premier Ministre, et toi et tes amis, des citoyens. Dans ta classe, il y a des enfants qui ont plus de facilités, qui réussissent bien, et d’autres qui ont plus de difficultés. Tu as remarqué ça ?
  • Antoine, il est nul.
  • Eh bien! tu vois, dans la vie des adultes, y’a des Antoine aussi. Certains sont simplement paresseux et ne font pas le moindre effort; d’autres, malgré tous leurs efforts, ne réussissent tout simplement pas.
  • Antoine, c’est le gars paresseux! Il arrête pas de faire du bruit sur son bureau!
  • Alors dans ce cas, deux solutions s’offrent. Si le professeur est de droite, il demandera si quelqu’un veut aider Antoine. S’il est de gauche, il forcera quelqu’un à l’aider.
  • Mais c’est pas juste!
  • Du point de vue du professeur, ça l’est. Son contrat dit très clairement qu’il a droit à une pause de 15 minutes, alors quelqu’un d’autre doit aider Antoine
  • Pourquoi le professeur ne ferait pas une exception?
  • Parce qu’il est défendu par une organisation de gauche, un syndicat, qui dicte très strictement quand il doit prendre sa pause. Si ce n’est pas respecté, alors le syndicat risque de donner des problèmes au directeur.

(Quelques secondes de silence)

  • Papa, j’ai pensé à quelque chose.
  • Quoi?
  • J’aiderais sans doute Antoine si le professeur le demandait.
  • Ah oui? Pourquoi?
  • Antoine est super fort au hockey. Grâce à lui, nous gagnons toutes nos parties.
  • Alors tu viens de montrer que tu es de droite. Tu décides d’aider volontairement d’aider quelqu’un. De cette façon, tu gagnes parce que ton équipe sera plus forte, et Antoine gagne parce qu’il va améliorer ses résultats.
  • Donc, tout le monde gagne?
  • Oui, parce que tu l’as fait de plein gré.
  • Merci. Je vais me brosser les dents, maintenant.
  • Oh, avant que j’oublie, il y a une autre façon d’aider Antoine.
  • En le laissant regarder sur mon examen?
  • Non, non! C’est encore plus simple : le professeur n’a qu’à baisser les notes des meilleurs élèves et monter celle de tous les Antoine de ta classe.
  • Eille, c’est pas juste! Même si je veux aider Antoine, il doit quand même faire un effort!
  • Pour le professeur, c’est juste. En prenant les meilleures notes et en les distribuant, il égalise la moyenne et tout le monde a presque le même résultat. Personne n’est meilleur que l’autre.
  • Pourquoi je me forcerais à étudier, alors?
  • Héhé, je crois que tu comprends bien le monde moderne, maintenant. Quand tu seras plus vieux, je t’achèterai La Grève de Ayn Rand, où on voit ce qui arriverait si les gens productifs décidaient soudainement d’arrêter de se faire voler au nom de la « justice » et de « l’égalité ».
Advertisements