À défaut de pouvoir commenter directement sur le site de Métro Montréal, j’utilise d’autres avenues qui ne censurent pas la pensée alternative.

Chaque semaine, Léo-Paul Lauzon sévit de sa démagogie sans pareil dans les pages de Métro Montréal. Chaque semaine, il y va « d’explications » « montrant » que le capitalisme est plein de failles et que la réponse est plus d’intervention de l’État. Cette semaine, il nous fait part de l’hypocrisie d’organismes sans but lucratif (OSBL).

Selon le communiste de service, Équiterre, Sortie 13, Générations d’idée, etc., ne sont que des pantins à la solde des diaboliques multinationales. Que ce soit vrai ou non – rien n’empêche un organisme de se trouver du financement légal –, la conclusion de son texte est sans équivoque : «  La seule et unique façon d’aboutir à une société plus égalitaire et plus démocratique passe par le socialisme. » Bien qu’on ne puisse pas lui reprocher son inconstance, son projet est absolument irréalisable.

Tout d’abord, que ça s’appelle interventionnisme/sociale-démocratie/socialisme/communisme, il ne faut pas oublier que l’on parle exactement de la même chose. Une supposée troisième voie (« économie mixte ») n’existe pas. Si les entreprises publiques ne sont pas légion, alors elles peuvent généralement fonctionner comme une entreprise privée et utiliser des couts d’opportunité (Mises les appelle calculs économiques) pour voir si telle ou telle action est rentable ou non. Mais quand l’État étend trop ses tentacules, alors le libre-marché s’effrite peu à peu et il devient alors impossible d’effectuer des calculs économiques rationnels. S’en suit un chaos total et l’effondrement inévitable du système, comme en a témoigné la chute de l’URSS et l’enlisement constant de la Corée du Nord et de Cuba.

Ensuite, quand l’État contrôle quelque chose, l’esprit d’entrepreneuriat – audace, prise de risque, innovation – est remplacé par l’esprit bureaucratique – conservatisme, stabilité, règles rigides. Il ne peut en être autrement : puisqu’une bureaucratie ne fonctionne pas selon le motif du profit, il faut plutôt qu’elle fonctionne selon les budgets qui lui ont été accordés. C’est la seule façon de juger de sa performance. Pour s’en assurer, des règles très strictes sont imposées. Ces règles, fortement hiérarchiques, tuent l’innovation et empêche des améliorations rapides comme on en voit souvent dans le secteur privé. Un jeune qui y rentre, souvent avec plein de nouvelles idées, est vite remis à sa place par ses patrons plus âgés et se contente de sa sécurité d’emploi de béton, notamment une retraite bien dorée (au fédéral du moins) presque entièrement payée par les contribuables.

Enfin, que Lauzon ose dire qu’un régime socialiste est plus démocratique montre soit son ignorance du concept, soit sa mauvaise foi. En effet, pour atteindre l’Éden socialiste, il faut que l’État contrôle absolument tout afin de complètement tuer le libre-marché. Comme l’ont montré le nazisme et le communisme russe, les régimes totalitaires – qui contrôlent la totalité de la vie des gens – ne tolèrent pas la dissension. Quiconque ose critiquer le plan des dirigeants ou agir à son encontre sera sévèrement puni. Comment peut-il en être autrement? Si le dirigeants permettent la dissension, alors leur pouvoir s’effrite rapidement.

Les bienfaits de l’inégalité

Par contre, Lauzon a raison sur un point : seul un régime socialiste peut créer une société égalitaire. Oui, une société où tous sont égaux… et pauvres. La Chine en est un très bel exemple. En 1981, alors que les politiques communistes avaient encore force de loi, le Gini (qui mesure l’inégalité des revenus) était à 0,291 et le taux d’extrême pauvreté (gens qui vivent avec moins de 1,25 $/jour) était à 84 %. Vingt-cinq ans après, suite aux réformes libérales des dirigeants communistes, ces mêmes chiffres étaient 0,415 et 35,9 %. Les écarts de revenus sont plus grands, mais les gens sont moins pauvres. Est-ce mauvais?

Par ailleurs, pourquoi se soucie-t-on autant des écarts de revenus? Il est tout à fait normal qu’un cardiologue, par exemple, fasse un salaire aussi élevé. Il doit étudier très longtemps et suivre une formation très longue et ardue. De plus, même si sa profession n’était pas corporatiste, ses collègues seraient sans doute très peu nombreux, considérant la tâche à accomplir; donc, avec une offre peu élevée, les prix augmentent.

C’est tout le contraire d’un caissier de dépanneur. La formation est très courte et on ne requiert généralement aucune étude spécifique. Une offre de travailleurs très élevée, jumelée à la volonté (en général) des clients d’obtenir des produits ayant un bon rapport qualité/prix, fait que les caissiers de dépanneurs travaillent généralement au salaire minimum ou du marché, si le gouvernement n’intervient pas.

En conclusion, il reste à espérer que le souhait de Lauzon ne se réalise jamais. Vivre dans un régime socialiste serait une catastrophe sans précédent. Un gouvernement qui contrôle chaque petit aspect de notre vie étouffera complètement l’innovation, et donc l’espoir d’améliorer nos vies avec de nouvelles inventions ou de nouveaux procédés plus économiques. Un tel monde sera soit stagnant, soit sur le déclin, et ça en sera fait de la civilisation.