Comme toute personne qui gagne en popularité, Ron Paul passe maintenant sous la loupe des médias. Mais contrairement à ce qu’on a trouvé sur certains de ses adversaires – Gingrich et Romney sont des girouettes sans pareil, Perry éliminerait les cours qui ne pensent pas comme lui –, ce qu’on a « trouvé » sur Ron Paul n’est pas du tout scandaleux. En fait, on pourrait même dire que la réaction des médias montre leur ignorance crasse en ce que sont la liberté et la responsabilité.

Pensons seulement au questionnement de Paul sur le fait que les sidéens et autres gens souffrant de maladies infectieuses exigent d’être soignés à bon prix. Il blâme surtout leurs habitudes de vie… et il a raison. En effet, les jeunes (homosexuels, surtout) en Europe, à cause de la propagation des trithérapies – qui contrôlent la multiplication du VIH dans le corps – sont devenus extrêmement négligents et prendraient plusieurs risques quand vient le temps d’avoir des rapports sexuels. Et ce n’est pas moi qui le dit : c’est Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine qui a codécouvert le VIH4.

Toutefois, ce manque de responsabilisation ne touche pas que les gens sexuellement actifs. Dans n’importe quel pays où les gens n’ont pas à tout payer pour leurs soins de santé, on aperçoit cette insouciance. Combien de fois entend-on parler que l’obésité est un fléau? le tabagisme? le diabète de type 2? Sauf très rare exception, ces problèmes sont uniquement causés par la négligence des gens. Pourquoi mes impôts devraient aider à les guérir, puisqu’ils ne se soucient visiblement pas de leur santé? À défaut de les faire payer entièrement – aucun politicien canadien n’osera avancer une telle « hérésie » –, les gens aux maladies « évitables » devraient à tout le moins débourser une partie des dépenses encourues. On est toujours plus parcimonieux quand vient le temps de dépenser son argent.

Égaux devant la loi et rien d’autre

Un autre point « litigieux » de Ron Paul est son rejet des droits spéciaux pour les minorités (Noirs, Hispaniques, employés, etc.) Il ironise en soulignant que le fait que les « Blancs » ne forment pas de lobby montre le ridicule d’une telle différenciation.

Il marque un autre point sur de sujet. Avant le 20e siècle, les femmes avaient entièrement raison de militer parce qu’elles n’avaient, pour ainsi dire, aucun droit parce que l’État les considéraient comme des enfants. Mais maintenant qu’elles ont obtenu l’égalité juridique, les femmes n’ont absolument rien d’autre à attendre de l’État. Outre la Nature, qui les fait porter le fardeau de la grossesse, elles n’ont qu’elles-mêmes à blâmer pour la supposée inégalité des salaires qu’elles ont par rapport aux hommes. En fait, l’on pourrait même avancer que c’est le désir de celles qui veulent des enfants qui dirigent plusieurs femmes vers des domaines où une absence prolongée n’affectera pas leur rendement de façon notable, comme l’enseignement.

La même chose s’applique pour les Noirs. Ils avaient tout à fait raison de se regrouper et d’exiger notamment le rejet des lois Jim Crowe, qui avait ni plus ni moins instauré l’apartheid dans les États du Sud. Maintenant que c’est chose du passé, il n’y a que le temps qui puisse améliorer l’attitude des Blancs à leur égards. Ils ont toutefois du pain sur la planche; la guerre à la drogue et le salaire minimum ne sont que deux exemples d’intervention de l’État qui perpétue le racisme institutionnalisé qui a tant empoisonné un pays qui fut jadis un bastion de la liberté.

Propriété privée

Parallèlement à cette dénonciation, Ron Paul affirme haut et fort qu’une personne a le droit de faire ce qu’elle veut de son commerce sans que l’État n’ait son mot à dire. Évidemment, la gauche (lire : gens qui veulent plus d’intervention du gouvernement) n’aime pas entendre de telles paroles. Si c’est ouvert au public, alors tout le monde a le droit de rentrer, affirme une personne avec qui j’ai eu une discussion musclée sur le sujet. Elle a toutefois pris le soin de distinguer une maison et un club privé d’un commerce ou d’un restaurant.

pourquoi? Dans les quatre cas, nous sommes en présence d’une propriété privée. Peu importe l’endroit, une personne a pleinement le droit de refuser l’accès à qui elle veut. C’est elle la pire parce qu’elle se prive de revenus potentiels. La personne « blessée » l’est certes dans son orgueil, mais en aucun cas n’a-t-elle vu ses droits violées. Si tel était le cas, alors les hommes devraient pouvoir devenir danseuse nue, les femmes devraient pouvoir avoir accès aux saunas gays et les adolescents devraient pouvoir devenir membre de la Fédération de l’âge d’or.

D’ailleurs, j’ai une question qui me chicote : si une personne est exclue d’un endroit X, pourquoi insiste-t-elle pour qu’on l’y admette de toute façon? Ne sait-elle pas que voter avec ses pieds est un des meilleurs moyens pour faire changer les choses? Le boycott des autobus de Montgomery, Alabama en est un des meilleurs exemples.

Ne demandez pas ce que l’État peut faire pour vous

En conclusion, ce que prône Ron Paul est simple : on est responsable de ses actes, et l’égalité des personne se fait uniquement devant la loi. L’État n’a pas à privilégier une quelconque minorité ni à payer pour la négligence des gens. Sinon, l’on obtient la situation actuelle : des gens soignés peu importe ce qui a causé la maladie/le malaise et des gens qui se regroupent ensemble afin d’avoir des privilèges, au frais de la princesse naturellement.

Les médias y sont pour quelque chose; en effet, pensons seulement à Muguette Paillé, cette femme qui a demandé, lors du dernier débat des chefs fédéraux, ce que le gouvernement peut faire pour elle pour qu’elle se trouve un emploi. Pas ce que le gouvernement allait faire pour lui faciliter la vie (augmenter le commerce, déréglementer). Non : ce que les autres vont faire pour qu’elle ait un emploi. Pourtant, si elle se donnait la peine, elle pourrait facilement se trouver un emploi …

4 L’Eau vive, 20 mai 2010, p.3

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