Bonne nouvelle! Il n’y a aucune chance que les États-Unis fassent défaut sur leur dette! En effet, Alan Greenspan, ancien président de la Fed (la banque centrales aux ÉU), affirme qu’il ne suffit que d’imprimer plus d’argent. Bien que ce type de discours n’est pas surprenant venant d’un ancien de la Fed, il l’est venant d’un économiste de sa trempe. En effet, l’impression massive de billets de banque n’a jamais causé autre chose que des problèmes.

L’exemple classique des méfaits de l’impression d’argent est évidemment la République de Weimar. Suite à la Première Guerre mondiale, l’Allemagne s’était fait imposer d’immense frais punitifs parce qu’elle était supposément la seule responsable du conflit. Comme les réparations devaient être payées en mark or, il ne pouvait y avoir que deux façon de payer : augmenter les impôts ou imprimer de l’argent. Berlin a choisi la seconde option, et ce fut un désastre.

Entre août 1922 et novembre 1923, l’offre de mark a augmenté de 7,32 milliards (G) – on imprimait 7,32 G fois plus de marks qu’à la normale. Mais comme l’économie allemande n’a pas autant augmenté aussi rapidement, il y avait donc un large surplus de billet de banque. Et comme dans toute chose, un surplus d’offre cause une chute de son prix. Dans le cas de la monnaie, augmenter autant son offre fait qu’un billet perd rapidement de sa valeur. Ainsi nait l’hyperinflation : les gens se départissent de leur argent rapidement (achats) afin de ne pas payer cette taxe indirecte qu’est l’inflation. L’argent devient donc une patate chaude que les gens s’échangent à une vitesse vertigineuse. Résultat : l’inflation mensuelle était de 322 %; ce qui coutait 1 $ coûtait 1,41 $ le lendemain. L’hyperinflation allemande a été stoppée lorsque le Rentenmark a été adopté, remplaçant l’ancien Deutsche Mark. Le Rentenmark, puisqu’il avait sous garantie des biens industriels réels, a rétabli la confiance des gens et des marchés et ainsi freiné l’hyperfinflation.

Encourager les mauvais investissements

Toutefois, l’impression massive de billets ne cause pas nécessairement d’hyperinflation, comme c’est le cas au Japon. L’inflation depuis avril 1991, époque à partir de laquelle la Banque du Japon a commencé la diminution constante de son taux directeur, n’a jamais vraiment dépassé les 2 %. Malgré tout, la croissance économique est demeurée anémique durant cette décennie, qui fut qualifiée de perdue. Même à ce jour, la confiance des entreprises n’a jamais atteint le sommet (sur une période de 30 ans) de 1989.

Pourquoi une croissance si faible? Suivant la logique keynésienne, le Japon aurait dû renouer avec la croissance dès l’instant où la Banque du Japon a diminué son taux directeur. Cela encourage les banques à prêter les les consommateurs à consommer. Si c’était si facile alors la République de Weimar serait vite devenue une puissance mondiale, de même que la Russie et le Brésil dans les années 90.

La croissance faible vient justement du taux d’intérêt ridiculement bas qui persiste dans l’Empire du Soleil levant depuis presque 20 ans. L’école autrichienne d’économie, rendue célèbre par Ludwig Von Mises, nous enseigne que les cycles économiques sont causés principalement par les banques centrales qui manipulent les taux d’intérêts. Sans une telle institution, le taux d’intérêt représente l’équilibre de l’offre et de la demande d’épargne. Les entreprises investissent donc selon les préférences des consommateurs; un plus haut taux d’intérêts montre que les consommateurs consomment moins et vice-versa.

Toutefois, quand les taux d’intérêts sont artificiellement diminués, ce signal disparaît. Les entreprises engagent donc des investissements qui ne sont pas nécessairement supportés par de l’épargne. Plus les taux d’intérêts sont maintenus trop bas trop longtemps, plus les erreurs se généralisent, que ce soient des entreprises qui augmentent trop leur capacité de production sans que la demande augmente ou des banques qui prêtent à des emprunteurs insolvables. Cette croissance économique est donc illusoire, comme ce fut le cas aux États-Unis jusqu’à l’éclatement des bulles technologiques et immobilières en 2000 et 2008, respectivement. Quand les bulles éclatent (récession), il n’y a qu’une chose à faire : ne rien faire. En effet, il faut permettre à l’économie de recouvrer seule son équilibre sans que le gouvernement n’intervienne. Sinon, une récession devient une Dépression ou, dans le cas du Japon, deux décennies perdues.

Voilà donc ce que Washington devrait faire pour revigorer son économie : ne rien faire, ou plutôt cesser d’intervenir dans l’économie comme il le fait. Le problème actuelle de dette en est un uniquement de dépenses; elles ont augmenté de façon presque constante depuis 1965, contrairement aux revenus. Comme imprimer plus d’argent n’est pas une solution viable, il faut donc que le gouvernement fédéral respecte l’esprit de sa propre constitution et cesse de dépenser là où il ne devrait pas (éducation, routes, assurance-santé, caisse de retraite, etc.). Oh, c’est sûr que ça va faire mal pour un certain temps. Mais comme l’a démontré Harding,  en 1920, laisser l’économie se stabiliser par elle-même est la meilleure des solutions. Sa non-intervention dans l’économie – il avait même diminué les impôts et coupé les dépenses – a permis à cette dernière de reprendre du poil de la bête en moins de deux ans.

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