Les enfants sont des êtres curieux. À chaque jour, ils veulent connaître quelque chose de nouveau. Il se pourrait même qu’ils vous questionnent sur le gouvernement. Si cela arrive, plutôt que de vous fier aux contes de fées genre La tarte aux merveilles, agissez exactement comment agirait un politicien au pouvoir.

Pour les tous jeunes, commencez par leur apprendre à jouer à la Bataille. Après quelques tours, ils auront compris que les cartes les plus fortes ont le dessus. Après, apprenez-leur à jouer au Gouvernement. Dans ce jeu, peu importe les cartes jouées par l’enfant, vous gagnerez. Il risque de se lasser très vite, mais il aura au moins appris une leçon très importante pour la vie.

Lorsque les enfants voudront obtenir plus de responsabilités, vous pourrez en profiter pour leur enseigner le système fiscal. Laissez-leur tondre le gazon en leur promettant, disons 10 $. Lorsqu’ils ont fini, ne leur remettez que cinq dollars. Après des protestations prévisibles, expliquez-leur que c’est de l’impôt. Donnez un dollar à leur frère cadet et disant que c’est « juste »; le reste servira aux couts administratifs de cette division de l’argent. Suivant d’autres protestations criant à l’injustice, accusez-les copieusement d’égoïsme et d’avarice. Ils vous en remercieront plus tard.

Pour tous les âges, créez autant de règle que possible aux justifications aussi obscures que possible. Renforcez-les arbitrairement et accusez vos enfants de les briser même s’ils n’en ont jamais entendu parler. Laissez-les toujours sur leur garde afin qu’ils ne violent pas de règles que vous n’avez pas encore créées. Faites qu’ils aient le sentiment que les règles sont totalement irrationnelles. Cela les préparera à vivre sous un gouvernement démocratique.

Promettez-leur souvent des sorties (cinéma, parc), mais à l’heure promise, installez-vous confortablement dans votre fauteuil devant la télévision en déclarant que vous avez changé d’idée. Devant les protestations de bris de promesse, expliquez que ce n’était qu’une promesse électorale.

Lorsqu’ils auront grandi encore plus, ils seront prêts à apprendre le fonctionnement du système judiciaire. Annoncez-leur une heure de coucher, et exigez, une heure avant, qu’ils aillent au lit. Devant les accusations de bris de règlements, défendez-vous en affirmant que les règles peuvent être interprétées d’une façon que vous jugez correcte, qui dépend de l’époque. Ils seront ainsi prêt au concept de « document vivant » qu’est la constitution, selon la Cour suprême des États-Unis.

De temps à autre, et sans crier gare, frappez vos enfants. Précisez immédiatement que c’est de la défense; vous devez toujours être prudent afin de contrôler un ennemi potentiel avant qu’il ne devienne trop puissant et vous fasse mal. Votre enfant appréciera ce geste; peut-être pas tout de suite, mais plus tard dans la vie.

Évidemment, devant un tel traitement, vos enfants seront mécontents de vos méthodes d’éducation. Ils pourraient même souhaiter vivre dans une autre famille. Pour minimiser cette réaction, dites-leur qu’ils sont chanceux de vivre avec les parents les plus aimant et indulgents du monde. N’oubliez pas de mentionner les histoires d’horreur d’autres parents dont vous avez entendu parler. Ils vous seront ainsi loyaux, et plus tard ils seront réceptifs aux affirmations voulant que le Canada (ou n’importe quel autre pays industrialisé) et son État-providence représentent un summum de liberté.

Enfin, n’oubliez pas la règle d’or pour élever des enfants : mentir. Mentez constamment à vos enfants. Enseignez-leur que les mots ne veulent rien dire, ou plutôt que les mots « évoluent ». Ainsi, un mot ayant telle définition aujourd’hui pourrait en avoir une diamétralement opposée demain.

Certains lecteurs pourraient être choqués par mes suggestions; d’autres pourraient même m’accuser d’encourager l’abus d’enfant. C’est exactement l’intention : abuser vos enfants de la sorte est le meilleur cadeau que vous pouvez leur offrir. Ils seront ainsi prêts, une fois adulte, à vivre sous notre forme actuelle de gouvernement.

Inspiré de http://mises.org/daily/287