Avec la chute du Mur de Berlin en 1989 et la chute du Bloc soviétique qui s’en est suivi, il semblait que le capitalisme et les libertés individuelles avaient triomphé. Eh bien! force est de constater que le spectre de Karl Marx rôde encore. En effet, l’esprit de son infâme Manifeste du Parti communiste rôde encore parmi nous. Observez plutôt quelques-un des principaux objectifs qu’ils voulaient réaliser et leur tendance aujourd’hui.

  1. Abolition de la propriété privée et affectation des rentes aux dépenses de l’État

Au Canada, alors que les droits ancestraux des Autochtones sont reconnus, la propriété privée ne l’est pas – le Saskatchewan Party attribue cet « oubli » aux pressions de Roy Romanov, membre notoire du NPD provincial et du comité de rapatriement de la constitution. Trudeau avait largement ignoré le droit à la propriété lors de la construction de l’aéroport de Mirabel, qui est vite tombé en désuétude, et pour la création du Parc Forillon. Plus anciennement, lors de la colonisation des Prairies, le gouvernement et les colons n’ont jamais daigné se renseigner si c’était bien d’occuper les terres alors que plusieurs étaient propriété de Métis, d’Autochtones et même de « Blancs ».

Au Québec, même si la propriété privée est reconnue par la Charte des droits et libertés de la personne, il existe plusieurs pages sur les règles à suivre pour exproprier. On ne laisse pas la liberté aux personnes concernées de décider et négocier par elles-mêmes; le gouvernement doit intervenir. Et ce dernier en profite, comme c’est le cas avec l’échangeur Turcot, ou pour profiter des ressources du sous-sol dont « il » est le propriétaire, une maison se trouvât-elle au-dessus

  1. Un impôt fortement progressif

Au Canada, il n’y a que l’Alberta qui a compris qu’un impôt progressif est une taxe à l’effort. C’est peut-être pour ça que les personnes gagnant plus de 250 000 $ sont plus nombreuses là, en chiffres absolus et en termes relatifs, qu’au Québec. La Belle Province, n’en déplaise à JF Lisée, est un enfer fiscal et un paradis marxiste : le plus bas taux d’imposition (16 %) est plus haut que les plus hauts taux de huit provinces et territoires, alors que le second taux (20 %) n’est battu que par le nouveau palier de 21% de la Nouvelle-Écosse. En fait, il n’y a qu’Ottawa qui batte Québec quand à l’imposition, avec des paliers à 26 % et 29 %.

Toutefois, Ottawa et Québec font pâle figure à-côté de Washington. Là-bas, jusque dans les années 80, les riches étaient plus que pénalisés. Aujourd’hui, il n’y a « que » six paliers d’impôts, et des discussions ont lieu pour en ajouter d’autres, malgré le fait qu’une augmentation d’impôts semble toujours rimer avec augmentation des dépenses.

  1. Abolition de l’héritage

Étonnement, le très socialiste P-E Trudeau a aboli l’impôt des succession en 1972. Toutefois, quand une personne hérite d’un RÉER, cela est considéré comme un retrait du compte et est donc imposable.

Aux États-Unis toutefois, cette « taxe des morts » a encore cours, tant au niveau fédéral qu’au niveau de certains États. Bien que le taux fédéral ait beaucoup baissé depuis 10 ans, une personne pourrait payer, après l’exemption de base (qui a augmenté durant la même période), jusqu’à 35 % de la valeur nette de son héritage.

  1. Confiscation des biens des émigrés et des rebelles

Bien qu’il n’y ait pas eu de guerre formelle depuis 1867 en sol canadien, l’attitude des gouvernements successifs envers les drogues se rapproche de ce point. En effet, le fait qu’une personne peut hériter d’un casier judiciaire pour possession simple de drogues arbitrairement illégales est une confiscation des biens de facto puisqu’elle aura toute les misères du monde à se trouver un emploi.

Aux États-Unis toutefois, on a confisqué les biens des émigrés et rebelles avant le Manifeste (les biens des loyaux à la Couronne ont été saisis) et après celui-ci, où la police peut saisir, même sans accusation, tout ce qui a pu servir au trafic de drogue.

  1. Centralisation du crédit par une banque nationale

Le Canada et les États-Unis ont répondu à l’appel. Selon la théorie de l’École autrichienne, cette centralisation du crédit est la grande responsable de ces incessants cycles d’expansion et de récession. Que ce soit dans les années 30, 70, 90 ou même pour la plus récente crise, cette centralisation du crédit – surtout avec l’abandon de l’étalon-or –, rend des projets non rentables parfaitement légitimes en période d’expansion économique. Ces derniers sont toutefois les premiers à souffrir lorsque la Banque centrale constate l’inflation qu’elle a créée. C’est donc toute l’économie qui en souffre.

  1. Centralisation des moyens de communication et de transport

De mémoire, il n’y a qu’une seule artère majeure qui soit privée : l’autoroute 407, qui ceinture Toronto. Toutes les autres routes sont payées par le gouvernement, de la construction à l’entretien. Certes, Adam Smith ouvrait la porte pour que le gouvernement, la seule entité à son époque capable de dépenser autant d’argent, construise des routes et des canaux – il aurait sans doute aussi inclus les chemins de fer. Toutefois, il ajoute que « la plus grande partie de ces ouvrages peut aisément être régie de manière à fournir un revenu particulier suffisant pour couvrir leur dépense, sans grever d’aucune charge le revenu commun de la société. ». Force est de constater que les gouvernements ont oublié ce détails…

Les moyens de communication sont également centralisés. Qui d’entre vous serait capable, du jour au lendemain, d’ouvrir une station de radio ou un poste de télévision sans autorisation du CRTC? Et même si vous passiez cette étape, seriez-vous capables de diffuser ce que vous voulez? Ou même écrire ce que vous voulez, avec les lois de supposée « propagande haineuse » qui plane sur vos têtes?

  1. Multiplication des usines et des moyens de production d’État; défricher les terres incultes et améliorer les terres cultivées selon un plan d’ensemble

Le Québec, sous l’impulsion d’une supposée Révolution tranquille, a vogué allègrement dans cette direction pendant longtemps : Hydro-Québec, REXFOR, SOQUIP, Société nationale de l’amiante, Sidbec et j’en passe. Et si Québec Solidaire venait qu’à former un gouvernement majoritaire, une panoplie d’autres services seraient étatisés, comme les compagnies pharmaceutiques et les producteurs d’énergie éolienne.

De plus, à la fin du XIXe siècle, le gouvernement a défriché des terres, souvent moins fertiles que dans la vallée du Saint-Laurent, afin « d’occuper le territoire ».

  1. Combinaison du travail agricole et industriel; disparition des distinctions entre la ville et la campagne

Cela s’est fait, mais l’État a peu à y voir. En effet, l’industrialisation a permis d’augmenter substantiellement la productivité agricole. Ainsi, ce sont maintenant quelques gros joueurs qui contrôlent le marché. Toutefois, plusieurs doivent leur existence à l’État – subventions, prix planchers, protectionnisme.

Quand au second point, l’existence de la SCHL y a grandement contribué. Puisque l’achat d’une maison est plus abordable, les gens ont naturellement tendance à vouloir en acheter une, fût-elle loin du lieu de travail. Quand j’ai vécu à Saint-Jean-sur-Richelieu en 2004, on me disait qu’au moins 35 % des résidents de Saint-Luc (partie nord-ouest de la ville) travaillaient à Montréal, à plus de 35 km de distance.

  1. Éducation publique obligatoire pour les enfants. Abolition du travail des enfants et combinaison de l’éducation avec la production industrielle

C’est déjà fait. Plutôt que d’ouvrir les frontières au commerce plus tôt – ce qui aurait enrichit les travailleurs et rendu futile les lois interdisant le travail des enfants –, on a décidé de forcer la main. Je me demande si Marx s’attendait à ce que l’école publique obligatoire connaisse un si haut taux de décrochage …

Comme vous pouvez le voir, l’implosion de l’URSS n’a pas fait mourir Marx pour de bon. J’oserais même affirmer qu’avec la monté quasi fanatique de l’écologisme, il effectue un retour en force. En effet, le gouvernement et ses agences pourront dicter à des entrepreneurs privés quels produit (ne pas) utiliser de même que les mettre à l’amende s’ils ne respectent pas lesdites règles. On n’est pas sortis du bois …

Advertisements