Les temps sont durs aux États-Unis. Le déficit budgétaire fédéral dépasse maintenant le billion (mille milliards) de dollars. Afin de donner le coup de barre nécessaire à remplir ce trou sans fond, une douzaine de sénateurs républicains veulent proposer un amendement constitutionnel qui obligerait non seulement que le budget soit toujours équilibré, mais aussi qu’il faille une super-majorité (au moins 2/3 des votes) pour permettre un déficit temporaire.

Il n’en fallait pas moins pour que les keynésiens et les partisans de l’intervention du gouvernement dans l’économie sortent de leurs gonds. « C’est complètement irresponsable, clame Norman Ornstein de l’American Enterprise Institute. Ça empêcherait le gouvernement de poursuivre des mesures fiscales contra-cycliques, transformant les récessions en dépressions ».

« Limiter les dépenses à 18 % du PIB est infaisable, surtout avec une cohorte de baby-boomers qui vont bientôt prendre leur retraite », croit de son côté Alice Rivlin, qui a déjà siégé à la commission de la dette d’Obama. Enfin, d’autres affirment qu’un tel amendement est une véritable camisole de force et qu’il faut plutôt équilibrer un budget à l’intérieur d’un cycle économique.

La nuisance du gouvernement

Avec l’amendement, l’on clame qu’il sera impossible pour le gouvernement de poursuivre des mesures contra-cycliques pour contrer les récessions. Ça serait tant mieux ainsi.

En effet, l’Histoire montre clairement que le gouvernement est, plus souvent qu’autrement, l’instigateur des crises. La crise présente, causée par une crise des prêts hypothécaires, a grandement été causée par le gouvernement. Ce dernier a notamment forcé Fannie Mae, qui a pour mission de rendre le marché immobilier plus accessible, de relâcher les pré-requis pour obtenir un prêt hypothécaire. Il forçait également – et force toujours, d’ailleurs – les compagnies financières à prêter à à peu près n’importe qui.

La plus grosse crise qui a précédé celle-ci (1929) peut aussi être reliée par l’intervention du gouvernement. En effet, deux économistes du UCLA (Université de Californie à Los Angeles) ont récemment accusé Franklin D Roosevelt, le père du New Deal, d’être le principal responsable de la prolongation de la récessions débutée en 1929. Parmi les points qu’ils mentionnent, notons : une protection contre les lois anti-trust, ce qui a permis de fixer les prix à 123 % leur niveau normal; une adhésion aux négociations collectives (afin d’échapper aux lois anti-trust), ce qui a élevé les salaires à 125 % de leur niveau normal; et une fermeture presque totale au commerce extérieur – Roosevelt croyait qu’elle causait des pressions à la baisse sur les salaires – qui rendait des produits comme l’acier 14 % plus chers que la normale.

L’amendement anti-déficit empêcherait donc le gouvernement de dépenser plus d’argent qu’il n’en a? Excellent!

Couper dans le gras

Une des autres mesures incluses dans l’amendement interdirait les augmentations d’impôts sans super-majorité. La gauche s’objecte évidemment à de telles mesures. Pour elle, les diminutions d’impôts sont une des sources principales du déficit. Évidemment, c’est un mythe; augmenter les impôts revient à taxer l’effort, ce qui décourage son déploiement, le travail et donc les impôts.

Plutôt que d’augmenter les impôts, il y a des coupures tellement facile à faire dans le budget :

  • La Drug Enforcement Agency (DEA), l’escouade anti-drogue des États-Unis. Près de 2,42 G $ sont dépensés dans cette agence qui a pour but d’éradiquer les drogues du territoire. Avec cette campagne vient l’arrestation d’honnêtes citoyenspour possession simple, l’encombrement des systèmes judiciaire et carcéral de même qu’un détournement des ressources policières des vrais crimes (vol, meurtre, fraude…). Imaginez un peu tout l’argent qui serait économisé, toutes les personnes qui pourraient consommer les substances qu’elles veulent sans craindre d’être traité sur le même pied que des tueurs en série et toute cette corruption qui cesserait.
  • Le Housing and Urban Development (HUD) Department, le ministère qui s’occupe de rendre les maisons abordables pour tous. Plus de 43,72 G $ ont été demandés par ce département, un des grands architectes de la crise actuelle. En permettant à des gens de devenir propriétaire alors qu’ils ne pouvaient pas se le permettre, créant ainsi la bulle immobilière qui allait éclater en 2008.
  • Les bases militaires des États-Unis hors de l’Irak et de l’Afghanistan. Près de 250 G $ sont dépensés afin de maintenir des troupes militaires dans divers pays (Japon, Allemagne, Turquie, etc.). Dans quel but, au juste? Aux dernières nouvelles, les États-Unis étaient en paix avec la majorité des pays où se trouvent leurs quelque 730 bases. Il n’y a donc aucune justification pour maintenir toutes ces bases; seuls les empires (Rome, Angleterre) maintiennent des bases militaires outremer afin d’assurer leur hégémonieicultu
  • Le Department of Homeland Security (DHS), créé en réponse aux attaques terroristes de septembre 2001. Le DHS absorbe 55 G $ du budget pour faire des choses – comme le secours des gens lors de désastres naturels – qui se faisait sans lui avant sa création en 2002. En plus de libérer des sommes considérables d’argent, il mettrait un frein aux violations des droits individuels, dont l’écoute téléphonique (des téléphones publics à New York nous en avertissent d’ailleurs).

  • Les subventions à l’agriculture. De 10 à 30 G $ sont pris des poches des contribuables et redistribués aux fermier de partout au pays. Et les premiers paient encore plus, puisque les produits agricoles sont presque entièrement protégés de la compétition étrangère. Y mettre fin serait donc une double victoire pour les citoyens.
  • TOUTES les subventions à TOUTES les formes d’énergie. Le gouvernement économiserait ainsi 18,2 G $ en ne dépensant pas d’argent pour les énergies « renouvelables » – qui, de toute façon, sont des trous sans fond – et 31,5 G $ en n’offrant pas d’aide à l’industrie des énergie fossiles. De toute façon, considérant le prix de ces ressources – sauf peut-être le gaz naturel – les subventions sont plutôt futiles.

Avec les propositions ci-haut, je viens d’éliminer plus de 400 G $ au déficit. Et si l’on prenait le 10e amendement de la Constitution au pied de la lettre – tout ce qui n’est pas énuméré dans la constitution est du ressort des États –, alors le déficit se résorberait de lui-même. En effet, Medicare, Medicaid et le département des transports, pour ne nommer que ces programmes, seraient immédiatement éliminés parce que anticonstitutionnels.

Bref, l’on peut facilement éliminer le déficit en coupant dans les programmes non nécessaires. Tout l’argent ainsi libérer serait vite réinvesti dans l’économie, et dans des domaines nettement plus rentables que si le gouvernement le faisait!

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