« La démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres », disait Winston Churchill. Malheureusement, certains trouvent effectivement que la démocratie est un système pourri. James Hansen, un scientifique à la NASA, n’apprécie apparemment pas que le nouveau Congrès ne soit pas favorable à prendre des mesures radicales pour combattre le supposé réchauffement climatique causé par l’Homme. Selon lui, les États-Unis devraient prendre exemple sur la Chine, « un pays illuminé qui n’est pas constamment interrompu par des élections inutiles ».

Liberté et écologisme chinois

Vous avez bien lu. Pour M. Hansen, la Chine doit être prise en exemple parce qu’elle n’est pas dérangée par des élections. Sur quoi devrait-on prendre l’exemple de la Chine?

Le Grand bond en avant? Cet ensemble de politiques collectivistes, débutées en 1958, avaient pour but d’accélérer le développement industriel de la République populaire afin d’en faire une puissance économique. Pour se faire, Mao comptait utiliser la main-d’œuvre abondante et bon marché dont il disposait. Il pensait aussi que des mini fonderies chauffée au bois, où les paysans utilisaient du métal recyclé pour y faire de l’acier, aideraient à la mobilisation paysanne. La mobilisation était effectivement au rendez-vous : jusqu’à 50 M de travailleurs non agricoles ont été embauché par l’État pour combler le rêve de Mao.

Malheureusement, ces politiques ont plutôt été un Grand bond en arrière. Parce qu’autant de main-d’œuvre était déplacée de force vers du travail non-agricole, la Chine ne pouvait pas se nourrir adéquatement. Les famines causées par cette allocation totalement inefficace des travailleurs, combinées aux caprices de Dame Nature et à des données scientifiques douteuses, auraient causé entre 14 et 43 M de morts, mais « ce n’est pas assez pour nous arrêter de notre lancée », a dit Chen Yi, ministre des Affaires étrangères. Aussi, ces politiques inefficaces ont en fait diminué la capacité industrielle de la Chine sous les niveaux de 1958. Enfin, comme l’idéologie primait sur l’efficacité, une désertification sans précédent a affecté plusieurs régions du pays, notamment à cause des mini-fonderies, asséchant plusieurs rivières et fragilisant plusieurs écosystème via le déplacement forcé de populations entières.

Est-ce que M. Hansen parlait plutôt de la Révolution culturelle? Cette campagne, qui aura causé 10 années d’anarchie, avait pour but de purger les éléments bourgeois qui voulaient réinstaurer le capitalisme dans l’Empire du Milieu et d’instaurer, une fois pour toutes, le socialisme. On a ainsi supprimé les symboles religieux et persécuté les croyants de toute confession, en les envoyant dans des camps de travail ou en les forçant à regarder la destruction de leur lieu de culte. Pour s’assurer que les idées socialistes allaient s’étendre le plus possible, Mao a même ordonné que la police laisse faire les Gardes rouges, groupes de jeunes zélés, dans leurs actions, si violentes étaient-elles. Ces derniers ont saccagé jusqu’à 150 000 maisons juste à Shanghai afin de trouver des preuves que les gens commettaient des « crimes de pensée » contre Mao. Plusieurs personnes opposées aux idées socialistes ont été exécutées, emprisonnées ou envoyées dans des camps de « ré-éducation ». C’est sans doute sur ce point que M. Hansen insistait …

L’écofascisme

Bien que je reconnaisse à tout le monde le droit d’exprimer son opinion, force est d’admettre que plusieurs écologistes ont des idées dangereuses, surtout si elles venaient qu’à être adoptées.

David Suzuki, président de sa propre fondation écologiste, semble promouvoir l’emprisonnement des politiciens qui nient le réchauffement climatique. Cela constitue, selon lui, un acte criminel intergénérationnel5. Ses désirs pourraient être réalité, en théorie. En effet, une loi fédéral sur la réalisation du Protocole de Kyoto force le gouvernement conservateur à se plier aux exigences à court terme de ce traité. Sinon, ses membres peuvent être cités à procès et mis à l’amende ou en prison. Heureusement, comme il s’agit d’une loi non initiée par le gouvernement, ce dernier n’est pas obligé de la respecter, surtout si elle implique des dépenses.

Récemment, sous la pression du lobby écologiste mené par Brigitte Bardot, l’Union européenne a voté pour une interdiction complète de la vente des produits du phoque. Selon les doléances des plaignants, le traitement que l’on réserve aux phoques, et surtout aux blanchons, est cruel. Nonobstant le fait que la chasse aux blanchons est interdite depuis 1987, je leur accorde que des banquises blanches couvertes de sang sont répugnantes à l’œil. Toutefois, que pensent-ils des corridas, où le taureau perdant se fait empaler de plusieurs lances? Et des abattoirs, où je doute qu’un drap blanc demeure immaculé? Ou des animaux de cirques, qui seraient maltraités afin qu’ils réalisent leurs acrobaties? Ou des animaux de laboratoires, sur lesquels on fait des tests afin d’expérimenter des futurs traitements sur des humains? Pourquoi ne veulent-ils pas laisser le libre-choix aux consommateurs de consommer ou non des produits du phoque?

Toutefois, les perles de l’écofascisme vient des supporteurs de la réduction de la population humaine. L’organisme Optimum Population voudrait que, au moins au Royaume-Uni, les familles soient limitées à deux enfants afin que, à long terme, la population et les gaz à effet de serre diminue. Cela couterait moins cher que d’investir dans des technologies « vertes ». De son côté, le magnat des médias Ted Turner va encore plus loin : on doit s’inspirer de la politique chinoise de l’enfant unique afin de sauver notre pauvre planète. Que cela enlève la liberté de choix aux femmes d’avoir des enfants ou non ou augmente les taux d’infanticide envers les filles ne semble pas affecter le propriétaire de CNN.

Mais les idées les plus effrayantes viennent sans doute de John Holdren, conseiller scientifique de Barack Obama. En 1977, il a co-écrit un livre à faire pâlir d’envie Hitler ou Staline. Dans cet ouvrage intitulé Ecoscience, il plaidait les avortements de masse, que les femmes le veuillent ou non; il voulait que l’eau potable soit remplie de médicaments d’infertilité; les mères célibataires ou adolescentes devraient se faire prendre leurs bébés de force pour qu’ils soient adoptés par des familles; les gens qui refusent de se conformer aux mesures anti-population pourraient être stérilisées de force; enfin, un gouvernement mondial devrait être mis en place afin de contrôler l’économie et dicter la vie des gens, le tout appuyé d’une police internationale. Il a pris ses distances face au livre lors de son audience devant le sénat, mais qui sait s’il changera encore son fusil d’épaule …

En conclusion, je souhaite ardemment que les idées écofascistes mentionnées plus haut ne demeurent que des paroles en l’air. Car une société qui troque liberté contre sécurité ne mérite ni l’une, ni l’autre (dixit Benjamin Franklin). De toute façon, les émissions de gaz à effet de serre peuvent facilement se réguler elles-mêmes, si tant le besoin de les contrôler est réel. Ne pensons qu’au domaine de l’automobile. Les Japonais ont été nettement plus prévoyant que leurs confrères Américains en ce qui concerne l’économie de carburant, ce qui a sans doute aidé Toyota à devenir le premier constructeur automobile de la planète. Et avec l’instabilité actuelle au Moyen-Orient, d’autres hausse soudaines des prix du pétrole, et donc de l’essence, devraient accélérer la course à la voiture abordable qui n’utilise pas d’essence. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi les écologistes ont voulu sauver GM et Chrysler, deux constructeurs automobiles qui ont misé sur des véhicules très énergivores …

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