Du côté de la santé, malgré des propositions intéressantes – meilleure reconnaissance les diplômes étrangers, embauche d’infirmières praticiennes, élargissement du rôle des pharmaciens dans l’obtention de médicaments prescrits – absolument rien n’est changé à la structure actuelle. En fait, on veut limiter encore plus le rôle du privé dans la santé. Pourtant, la présence du privé a fait ses preuves en Allemagne et au Québec, avec les chirurgies de la cataracte, de la hanche et du genou, là où les assurances privées sont permises depuis l’arrêté Chaoulli. De son côté, le public cause des rationnements radicaux, des pénuries de médicaments parfois vitaux, une explosion des couts et des dépenses pour les autres médicaments et une répétition constante de l’histoire

Mais comment fera-t-on pour payer pour tout ça? En révisant les paliers d’imposition (sans doute à la hausse), en taxant les biens de luxe (même si ça a montré son échec total dans le passé) et en imposant un impôt des successions progressif. Ce dernier point enorgueillirait Karl Marx; mais plus important encore, il empêcherait la formation de capitaux et favoriserait sa concentration artificielle.

National culturalisme

Par ailleurs, le programme d’un parti séparatiste ne serait pas complet sans une panoplie de mesures pour « sauvegarder » la langue française et la culture québécoise. Et comme les mesures précédentes, celles-ci sont tout aussi à l’encontre des libertés individuelles.

Il y a tout d’abord l’extension de la loi 101 au niveau collégial. Même si je n’étais pas libertarien, je m’opposerait vivement à cette mesure. J’ai fait mon cégep en anglais (Champlain St. Lawrence), et je ne suis pas devenu anglophone pour autant. Mon anglais s’est plus amélioré durant ces trois années que durant 10 années d’école élémentaire qui ont précédé (mon cours d’anglais de secondaire 5 se rapprochait de celui des écoles anglophones). Paradoxalement, ON veut intégrer l’enseignement d’une seconde langue internationale. Allez comprendre…

Il est également proposé d’étendre les exigences en matière de français au travail à toutes les entreprises en sol québécois. Toutefois, si une entreprise transige internationalement, le gouvernement lui donnera généreusement la permission d’avoir une autre langue dans le milieu de travail. En d’autres mots, ce n’est pas assez que le gouvernement contrôle les heures d’ouverture des magasins, le nombre de jours de vacances à accorder, le salaire minimum à offrir, le nombre d’employés qui peuvent travailler les jours fériés ou la langue d’affichage; il faut maintenant qu’il ait un contrôle absolu sur la langue de travail, même dans les PME. Oh, on verra sans doute que les entreprises ont le français comme langue de travail, mais on ne verra pas toutes ces entreprises qui ne se créeront pas à cause de toutes ces restrictions économiques et linguistiques.

Enfin, comme si les gens n’étaient pas encore assez « motivés » d’aimer le français avec les mesures précédentes, un gouvernement d’ON débloquerait encore plus de fonds publics pour promouvoir la culture québécoise (je doute que Arcade Fire ou Leonard Cohen fassent parti du lot), pour mieux la produire, pour l’exporter, pour la promouvoir au niveau scolaire et pour la préserver. Comme pour l’éducation, le parti de M. Aussant échoue en économie 101. En effet, si le gouvernement doit « investir » autant dans la culture, c’est signe que le marché n’en veut pas, ou du moins pas aux niveaux que le gouvernement souhaite. En terme clairs : si ça ne peut pas vivre sans fonds publics, alors ça ne mérite pas de vivre. Si un groupe comme U2 a pu se créer grâce à de l’argent prêté par les membres des familles des musiciens, alors n’importe quel artiste est capable de commencer à partir de rien. Et une fois en selle, les artistes qui savent se renouveler survivent. Metallica, AC/DC, Elton John, Céline Dion et bien d’autres ont chacun plus de 25 ans de carrière; cela aurait été impossible si leur produit n’était pas en demande. En contrepartie, Wilfred Lebouthillier, premier gagnant de Star Académie, semble déjà disparaitre des radars…

En conclusion, Option nationale n’est qu’une version résolument séparatiste de Québec solidaire. Malgré quelques bonnes idées – un scrutin proportionnel, un processus plus ouvert pour la nomination des directeurs des sociétés d’État et des référendums d’initiative populaire –, le parti demeure résolument socialiste, et donc dangereux s’il gagne le pouvoir. Il propose, dans sa plateforme, des mesures économiques maintes fois montrées comme étant fausses. Comme quoi le niveau ni le domaine des études est garant de la compétence d’une personne.

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