Si la tendance se maintient, des élections auront lieu dans quelques semaines. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi eux se trouve Option nationale (ON), parti fondé par Jean-Martin Aussant, député de Nicolet-Yamaska. Comme ON est un parti séparatiste, il serait intéressant de voir si le Québec, sous sa gouverne, serait en meilleure position.

Cela est (très) fort douteux. En effet, bien qu’ON soit dirigé par un homme possédant une maitrise en économie, force est de constater que le programme ne « maitrise » pas les principes de bases de l’économie. Il est notamment proposé de nationaliser les ressources naturelles de la province afin que « la majorité des profits [revienne] désormais à la population du Québec. » En agissant de la sorte, ON a probablement Hydro-Québec en tête. Mais ne lui en déplaise, HQ est un exemple criant de l’incompétence d’une société d’État. De plus, la nationalisation d’une ou plusieurs ressources naturelles, sa production tend à chuter, et inversement lors de sa privatisation. On peut très bien le voir dans le cas des ressources pétrolières. Depuis la privatisation de Pétro-Canada (1991), la production pétrolière canadienne a augmenté de plus de 75% et a déjà repris ses pertes de 2008. À l’inverse, depuis l’arrivée de Chavez au Vénézuela, la production pétrolière avait diminué, lors du creux en 2010, de près de 32%. Parallèlement, la production sous Morales (depuis 2006) en Bolivie a diminué jusqu’à 45% lors du creux de 2009. Curieusement, les gouvernements de ces deux pays d’Amérique du Sud ont voulu/ont nationalisé les ressource pétrolières. Donc, si un gouvernement d’ON tente le même coup, on peut prédire que la production des ressources naturelles, fussent-elles en demande, diminuera.

Ce sera particulièrement évident avec les ressources gazières (gaz de schiste, surtout) car ON propose un moratoire complet « jusqu’à ce que des études indépendantes aient pu prouver que leur exploitation respecte les principes de développement durable, à savoir les aspects social, environnemental et économique. » Pas besoin d’étude pour montrer ses bienfaits économiques, comme on peut le voir aux États-Unis. Pas besoin d’étude non plus pour montrer ses bienfaits environnementaux : les ÉU ont diminué leurs émissions de gaz à effet de serre (si besoin de diminuer il y a) plus que l’Union européenne, qui a pourtant signé le protocole de Kyoto. Oh, bien sûr, les nonnistes se rabattront sur le documentaire Gasland, où l’on voyait des gens mettre le feu à l’eau du robinet. Fort heureusement, les puits de gaz de schiste avoisinant n’y auraient été pour rien.

Déranger le libre-marché

En plus de contrôler l’exploitation des ressources naturelles, ON veut aussi forcer l’utilisation de certaines, notamment en « favorisant » le bois dans divers secteurs. Ceux qui s’y opposent sont naturellement vus comme des traitres. Pourtant, si le bois est un si bon matériau, pourquoi utiliser des fonds publics pour le promouvoir?

ON veut aussi « favoriser » l’électrification de tous les moyens de transport (privé et collectifs) et même étudier la faisabilité d’un monorail électrique suspendu. Tout cela pour promouvoir « la réduction des émissions de gaz à effet de serre, un aménagement équilibré du territoire ainsi que le développement du tourisme, première industrie mondiale. » Notre troupeau d’éléphants blancs n’est pas encore assez gros au goût d’ON? Si l’expérience californienne pour les TGV est un prélude du projet de monorail, alors le Stade olympique risque de sembler une véritable aubaine. Et comme pour le bois, si c’est si merveilleux, pourquoi le public doit-il y dépenser de l’argent? La fameuse « privatisation des profits et nationalisation des pertes », c’est exactement ce que c’est.