Chaque semaine, Léo-Paul Lauzon sévit de sa démagogie sans pareil dans les pages de Métro Montréal. Chaque semaine, il y va « d’explications » « montrant » que le capitalisme est plein de failles et que la réponse est plus d’intervention de l’État. Cette semaine ne fait pas exception : il continue de railler contre les « fermetures sauvages » d’usines – chacun sait que l’entreprise privée se doit d’être charitable, et au yâble les pertes –, la hausse des frais de scolarité – alors que des frais bon marché ne semble pas influencer la fréquentation – et affirme que le patronat est d’accord avec les subventions – alors que le Conseil du patronat affirme qu’il faut faire le contraire. Par contre, environ la moitié de son texte contient une sagesse insoupçonnée : la dénonciation du monopole du Collège des médecins.

Bien sûr, en glorificateur de l’État qu’il est, M. Lauzon ne reconnaitra pas que c’est le gouvernement qui a créé ce puissant lobby. En effet, depuis 1898, et sur approbation du gouvernement de l’époque, il est du pouvoir du Collège d’accorder un permis de pratique à qui satisfait leurs conditions. Ainsi se réalise le cauchemar d’Adam Smith : « Il est rare que des gens du même métier se trouvent réunis, fût-ce pour quelque partie de plaisir ou pour se distraire, sans que la conversation finisse par quelque conspiration contre le public, ou par quelque machination pour faire hausser les prix »5 Et quand ces machinations sont forcées par l’État – via le Collège des médecins ou le Barreau du Québec – alors le public en sort perdant.

Naturellement, les principaux concernés affirmeront que c’est « pour notre bien », que sans formation et certification officielle, les gens courent le danger de tomber sur un charlatan. Considérant que leur nombre est toujours aussi impressionnant (homéopathie, magnétothérapie, reiki), force est de constater que c’est un échec. De toute façon, cessons de jouer à l’autruche : la seule et unique raison pour laquelle ces cartels – parce qu’ils en sont6 – existent, c’est pour protéger les membres et leurs salaires. À ce sujet, les hauts salaires des médecins s’expliquent par des principes d’économie 101.

Comme pour toute profession, celle des médecins est soumise à l’offre et à la demande. Ces derniers offrent leurs services à qui veut payer pour en recevoir. Malheureusement, la limitation de l’offre de services des médecins fait qu’ils peuvent se permettre de charger plus pour leurs services. Ils peuvent se permettre de charger encore plus parce que la demande est artificiellement augmentée au travers des services de santé étatisés et même au travers des assurances privées dans certains pays. Simple curiosité : pourquoi tient-on autant à ce que les médecins soient accessibles? Pourquoi les dentistes? les chiropraticiens? les massothérapeutes? Même avec une assurance privée, les gens doivent toujours débourser un certain montant pour se procurer les services.

Déréglementer pour économiser

Afin de régler les nombreux problèmes occasionnés par le Collège des médecins – prix exorbitants, monopole dans la distribution des permis de travail et dans la formation, non-reconnaissance des diplômes étrangers –, il s’agirait tout simplement de l’abolir.

Je sais, je sais, sans certification « officielle », plusieurs charlatans voudront s’improviser médecin et tenter de me voler mon argent en me proposant des solutions bidons. Malheureusement pour ces personnes, je suis un homme intelligent et je sais faire la part des choses. Autant je ne prends pas de médicaments homéopathiques pour soigner mes maladies, autant je ne consulterais pas un docteur n’ayant pas une certaine formation (fût-elle optionnelle) et une certaine expérience dans le domaine. Et même si des gens tombaient dans le piège d’un faux médecin, ce dernier devrait en subir les conséquences par des poursuites pour fraude, blessures ou meurtre, dépendant de la gravité de la faute. Aucun humain normalement constitué ne veut s’alourdir la conscience de telles choses.

Mais d’un autre côté, les couts en santé diminueraient dramatiquement. Comme la majorité des hausses des couts en santé sont causées par les hausses salariales des professionnels, « dé-carteliser » les médecins et les autres professions ramènerait l’offre de services à un niveau plus près de celui du libre-marché. Il resterait toutefois à voir si les gouvernements voudront toujours laisser la demande de services à son niveau actuel, qui est artificiellement haut parce que les gens ne paient pas directement les services.

En conclusion, à l’image de LP Lauzon, je dénonce le lobby médical. Mais contrairement à lui, je vois très bien qu’il doit son existence à l’intervention de l’État. Et c’est pourquoi j’exige que le gouvernement cesse de le protéger. Ainsi, tout le monde en sort gagnant, et nos libertés individuelles en sortent grandies, nous laissant ainsi le liberté de voir qui l’on veut pour se faire soigner et de prendre les arrangements que l’on veut avec cette personne pour se prémunir d’un quelconque accident pouvant se produire durant la consultation.

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